Sam Worthington incarne le demi-dieu Persée.

La colère des Titans: Rocher Persée

Après le choc, la colère. Dans la foulée du succès du Choc des Titans (près de 500 millions $ de recettes au box-office international), les producteurs de la saga mythologique remettent la table pour La colère des Titans (v.f. de Wrath of the Titans), un film d'action destiné encore une fois à faire étalage des effets spéciaux dernier cri.
Les dieux de l'Olympe en arrachent une fois de plus dans cette production signée Jonathan Liebesman, qui succède à Louis Leterrier derrière la caméra. Dix ans après sa victoire sur le terrible Kraken, le demi-dieu Persée (Sam Worthington) est appelé à reprendre du service, cette fois pour sauver son père Zeus (Liam Neeson), retenu prisonnier par son frère Hadès, dans le cinquième sous-sol de l'abîme du Tartare, au Royaume des morts. Le temps presse puisque les Titans, de bien vilaines créatures, sont sur le point d'être libérés et de semer le chaos, et son inéluctable complément, le bordel.
D'entrée de jeu, il est assez ardu de s'y retrouver dans l'arbre généalogique de cette famille dysfonctionnelle à souhait. Entre Persée, Zeus, Arès, Andromède, Agenor, Hadès, Poséidon, Hephaestus, Cronos, on risque d'en perdre son latin, voire son grec.
Qu'importe, le film ne repose pas tant sur les personnages, au demeurant tous plus désincarnés les uns que les autres, que sur les effets spéciaux. En cela, Liebesman fait montre d'habileté à plusieurs reprises. Les météores s'abattant sur Terre ramènent à son film précédent, Bataille : Los Angles. L'affrontement initial entre le héros et un dragon, dans une course menée tambour battant, est particulièrement réussi. Même chose lors de la bataille en forêt avec le cyclope. L'effet 3D s'avère ici une valeur ajoutée non négligeable.
Plus cette tragédie grecque s'étire, plus l'intérêt s'étiole. L'affrontement avec le Minotaure dans le labyrinthe, la descente aux enfers, les règlements de compte fratricides, la rencontre finale avec le monstre de lave, tout cela finit par devenir redondant. Même si le film fait seulement une heure 40 minutes, on n'en aurait pas pris davantage.
Difficile de ne pas établir de rapprochements entre le film et l'histoire sainte. Un homme appelé pour sauver l'humanité, la trahison, le père attaché les mains en croix, la résurrection. Mais à une semaine de Pâques, rien à voir avec le Jésus de Nazareth de Zeffirelli, on s'entend...
La finale ouverte - la passation des armes de Persée à son fils Hélius - laisse peu de doutes sur la préparation d'un troisième épisode. Après le choc et la colère, on parie sur quoi? Le retour des Titans? Mes amours de Titans? Autant en emporte le Titan?
Au générique
Cote : **1/2
Titre : La colère des Titans (Wrath of the Titans)
Genre : action/mythologie
Réalisateur : Jonathan Liebesman
Acteurs : Sam Worthington, Liam Neeson, Ralph Fiennes, Bill Nighy, Rosamund Pike, Danny Huston, Toby Kebbell, Edgar Ramirez et John Bell
Salles : Cinéplex Sainte-Foy, Cinéplex Beauport, Des Chutes, Lido (version originale anglaise
le mardi après-midi, à compter du 10 avril) et Théâtre IMAX (version anglaise le mardi et mercredi soir)
Classement : général (déconseillé aux jeunes enfants)
Durée : 1h40
On aime : la qualité des effets spéciaux et de l'effet 3D
On n'aime pas : un scénario plutôt échevelé (surtout en seconde partie), des personnages sans âme, les dialogues empesés