Le portefeuille de placements privés extrêmement solide au dire du président et directeur général du Fonds de solidarité FTQ, Yvon Bolduc, a permis à l'action d'enregistrer une autre hausse.

La CAQ veut le départ d'Yvon Bolduc du Fonds de solidarité

Le pdg du Fonds de solidarité de la FTQ, Yvon Bolduc, doit être congédié et la première ministre Pauline Marois doit s'expliquer sur des liens «troublants» entre le Fonds, sa formation politique et son conjoint, Claude Blanchet, soutient le chef de la Coalition avenir Québec.
François Legault a profité du début des travaux de son caucus, réuni à Saint-Eustache, au nord de Montréal, pour réclamer que Mme Marois «arrête d'être silencieuse». Selon lui, la chef du Parti québécois «refuse d'agir contre la magouille, contre le copinage» qui entourerait le Fonds.
Le caquiste a réclamé que M. Bolduc quitte le Fonds. M. Legault est revenu sur l'écoute électronique rendue publique par la commission Charbonneau entre l'ex-président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) Michel Arsenault et Yvon Bolduc.
Le caquiste s'est scandalisé d'entendre le patron du Fonds y affirmer : «Je crois qu'on a payé la moitié du bateau [du controversé entrepreneur] Tony Accurso.»
«Il était prêt à le cacher, a déploré M. Legault. Prêt à cacher une fraude, a-t-il lancé. Quand Mme Marois demandera-t-elle son remplacement?»
M. Legault a ouvert son point de presse en parlant de l'investissement de 3 millions $ du Fonds de solidarité dans BLF Capital, une «fiducie familiale», pour réduire de «façon légale» les impôts, a-t-il dit.
Mais il a souligné que le Fonds a payé trois fois plus cher pour ses parts, qu'il a perdu la moitié de son investissement et que M. Blanchet a encaissé près de 700 000 $ en frais de gestion. Le caquiste s'est refusé à parler de malversation. «Il y a des questions troublantes, sans réponse.»
François Legault a cité plusieurs autres dossiers impliquant des péquistes et des dirigeants du Fonds. Il a réitéré que la ministre Élaine Zakaïb devrait être suspendue. Dans une conversation, Mme Zakaïb indique à Michel Arsenault que le Fonds de solidarité, dont elle était une dirigeante, bloque les dossiers des concurrents de Tony Accurso.
Le caquiste a aussi réitéré qu'il faut que la FTQ cède sa place à la présidence du Fonds. Il faut protéger les intérêts des petits épargnants, non pas ceux de la centrale syndicale, a dit en substance M. Legault. Par contre, il juge indispensable de préserver le Fonds, mais en changeant sa gouvernance.
Élections droit devant
La Coalition avenir Québec traînera dans la campagne électorale des révélations de la commission Charbonneau si Pauline Marois n'agit pas. Par rapport à tous les dossiers qu'il a cités, c'est «pas de son, pas d'image» de la part de la première ministre.
«Il semble que Mme Marois est plus pressée de tenir une élection sur la charte [de la laïcité] que de donner des réponses devant ces magouilles. Je vous garantis une chose, qu'il y ait une campagne ou non, nous allons la talonner à chaque jour. Si elle pense qu'elle va se sauver dans une campagne électorale et qu'elle ne nous donnera pas de réponse, elle va nous voir sur sa route.»
La possibilité d'un appel au peuple imminent sert de toile de fond à la réunion de l'aile parlementaire caquiste. François Legault et ses députés sont apparus presque résignés et assurément sereins devant cette éventualité.
«Si Mme Marois veut déclencher une élection, on est prêts», a-t-il servi à ses députés. «On va s'amuser pendant 35 jours» en se présentant comme une «équipe qui n'a pas peur de changer les choses et travailler pour les contribuables, surtout la classe moyenne».
la caq mieux armée
Aux journalistes, il a fait valoir que, contrairement à 2012, pour le premier test électoral subi par le parti qu'il a fondé, la CAQ est mieux armée. «Nos annonces pour les 35 jours sont prêtes», a-t-il donné comme exemple. Il préférerait que Pauline Marois ait présenté un budget, «mais si elle veut absolument y aller, nous sommes prêts», a-t-il martelé.
M. Legault a réitéré qu'il ne s'en fait pas avec la tournée qu'amorcent les ministres du gouvernement Marois. Un gouvernement semblable à celui du libéral Jean Charest, a-t-il commenté. «Il fait des annonces avec notre argent, de l'argent que nous n'avons pas.»
L'octroi de 350 millions $ aux promoteurs d'une cimenterie en Gaspésie pourrait se retourner contre les péquistes, selon lui. «J'ai hâte de voir Mme Marois se promener à Saint-Constant et Saint-Basile», a-t-il ironisé.
Il a fait allusion à la thèse de son parti qui avance que les emplois créés à Port-Daniel seront coupés dans les installations pour le ciment existant dans les deux autres municipalités.