«Ne perdez pas courage. Allez et votez! Prompt rétablissement, Mme Reker», dit ce message, placardé par-dessus des affiches de la politicienne pro-migrants Henriette Reker, poignardée samedi et élue dimanche.

La candidate poignardée élue mairesse de Cologne

BERLIN - La candidate à la mairie de Cologne, dans l'ouest de l'Allemagne, gravement blessée samedi au couteau par un homme opposé à l'arrivée de réfugiés, a été élue dimanche mairesse de la ville en obtenant la majorité absolue dès le premier tour.
Henriette Reker, hospitalisée après cette agression dans un marché par un homme agissant pour «des motivations racistes», a obtenu 52,64 % des voix, selon des résultats définitifs, loin devant son rival social-démocrate Jochen Ott (32,03 %).
Grâce à ce score et malgré une participation de seulement 40 % environ, elle est élue dès le premier tour à la tête de cette ville de 980 000 habitants.
Dans la soirée, l'hôpital où elle a été admise en urgence samedi matin a indiqué que son état de santé évoluait de manière positive.
Rétablissement probable
«En l'état actuel des choses, et si tout se déroule normalement, le rétablissement total de Mme Reker est probable», a indiqué le Dr Karl-Bernd Hüttenbrink au journal Rheinische Post.
Loin de l'euphorie, son équipe de campagne s'est contentée d'un tweet dimanche soir pour saluer la performance de Mme Reker, opérée samedi. «Victoire! Nous nous réjouissons pour Henriette Reker et la confiance pour un nouveau départ à Cologne.» Le candidat de l'Alternative pour l'Allemagne, parti qui joue la carte anti-immigration, a obtenu 4,01 % des voix et se place en quatrième position.
Candidate indépendante mais soutenue notamment par le parti conservateur de la chancelière Angela Merkel, elle était favorite devant six candidats, dans la quatrième ville d'Allemagne où vit une importante communauté musulmane et qui accueille de nombreux réfugiés.
Responsable des réfugiés
La responsable politique, inconnue au niveau national jusqu'à samedi, dirige le service s'occupant de la prise en charge et du logement des migrants à leur arrivée à Cologne. L'attaque commise par un chômeur allemand de longue durée, âgé de 44 ans et proche de l'extrême droite dans les années 90, a suscité l'indignation en Allemagne.
Angela Merkel, dont la politique d'ouverture aux réfugiés provoque de vives critiques, a manifesté sa stupeur tandis que la puissante dirigeante de la région de Cologne, Hannelore Kraft, a dénoncé une attaque contre la démocratie.