Ça prend un bon sens de l'humour pour se déguiser en brigadière scolaire, comme l'a fait Caroline Moreno pour attirer l'attention du public sur Le brigadier de Gosley.

La brigadière Moreno

Je l'ai croisée au Salon du livre de Québec. Elle était amanchée en brigadière scolaire et semblait régler la circulation près du kiosque d'information.
En réalité, elle faisait la promo de son roman publié aux Éditions Trois-Pistoles, Le brigadier de Gosley.
J'ai lu ce roman. C'est court, 138 pages, mais c'est brutal comme un coup de poing dans la gueule.
C'est tendre, c'est drôle, c'est féroce, c'est cru et c'est direct. Un roman terrible qui n'est pas destiné aux âmes tendres.
L'histoire ? Celle de Lubin Vital, brigadier scolaire aux coins des rues Saint-Gelais et Potel, à Gosley. De fil en aiguille il finira par avouer à la police que c'est lui qui a battu, violé puis assassiné le jeune Aurélien Cotton.
Un roman dérangeant écrit de façon magistrale. Le roman d'une femme de talent.
Ce n'est pas l'histoire en soi qui a de l'intérêt, mais à travers l'enquête policière, c'est le portrait d'une petite société villageoise qui retient l'attention et qui choque. Un portrait à charge car cette petite société villageoise frileuse, lâche et peureuse, c'est la nôtre !
Selon Victor-Lévy Baulieu, son éditeur, Caroline Moreno enseigne le français qui est sa passion et son combat. À en juger par le nombre de bouquins publiés par des profs, je vais finir par croire que l'enseignement est le boulot rêvé pour écrire.
De fait, Caroline Moreno écrit en masse.
Très impliquée en politique, vous pouvez la lire sur le site Vigile.com
Elle est la principale contributrice de ce portail indépendantiste, aux côtés de gens qui ont beaucoup à dire sur tout et sur n'importe quoi comme Jacques Noël, Luc Archambault ou Nestor Turcotte.
Écrire aux journaux ou sur Internet a remplacé les lignes ouvertes à la radio.
Bernard Cohen, le traducteur parisien de Douglas Kennedy, a envoyé ce poulet à ma hiérarchie pour me cafter :
«Dans son article sur Douglas Kennedy intitulé Un Américain à Québec, Didier Fessou se livre à une attaque virulente de ma traduction du dernier roman de cet auteur, dont une partie se déroule au Canada, Je ne répondrai pas point par point, mais je me permets trois remarques : j'aurais commis un crime impardonnable en faisant dire «magasin La Bay» à l'héroïne américaine du livre. Auparavant, un personnage canadien dit bien «magasin La Baie». C'est une petite licence que je me suis permise en pensant que, pour les non-Canadiens, les crispations linguistiques autour des anglicismes autorisés ou formellement interdits obéissent à des règles souvent assez mystérieuses chez certains Canadiens francophones. On «investit dans la pierre» même quand on achète un immeuble en verre et poutrelles d'acier. Ou bien fallait-il dire «investir dans le bois»? N'étant pas un puriste comme M. Fessou, je n'ai cependant pas pu m'empêcher de noter, sous la plume de ce linguiste distingué, la faute d'accord suivante: «a-t-il relu la version française de son roman? Non, il ne l'a pas relu.» Quoi, le roman ?»
Les crispations linguistiques qui obéissent à des règles souvent mystérieuses chez certains Canadiens francophones...
Comme c'est condescendant !
Un coup parti, le Titi aurait pu nous éclairer sur le sens des mots ploucasse, shoppeuse, maousse, pom-pom girls, fringues classieuses, pignoler, etc.
Moi, ce pignoler m'intrigue.
Jacques Chamberland nous suggère de lire Viktor Vavitch de Boris Jitkov, publié par Calmann-Lévy :
«Dans une bibliothèque publique, j'ai  découvert le roman Viktor Vavitch de l'auteur russe Boris Jitkov décédé en 1938. Ce livre, imprimé en 1941, fut censuré «inconvenant» et «inutile» et envoyé au pilon par les soviétiques.  Le manuscrit fut réédité en 1999 et traduit en 2008 chez Calmann-Lévy. Comme dans un film, la révolution mâtée de Saint-Petersbourg en janvier 1905 nous est livrée à travers de solides personnages, comparables à ceux des héros de Gogol, Dostoïevski, Tolstoï et Pasternak.  Nous y retrouvons l'effervescence du peuple qui s'éveille, l'idéalisme et le crétinisme, l'espoir et le désespoir, mais toujours la passion des personnages. 740 pages de langage alerte et poétique, à la recherche de l'insaisissable âme russe.»
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