Kim Lamarre, une athlète de Lac-Beauport, a remporté mardi la médaille de bronze lors de la toute première descente de slopestyle en ski acrobatique dans l'histoire des Jeux olympiques.

Kim Lamarre: une médaillée non-conformiste

PrésentationLauréate : Kim LamarreOccasion : Sa médaille de bronze remportée à l'épreuve du slopestyle en ski, aux Jeux olympiques de Sotchi.
La vie de Kim Lamarre ne sera plus jamais la même. Mardi, l'athlète de Lac-Beauport a fini troisième de la toute première descente de slopestyle en ski acrobatique dans l'histoire des Jeux olympiques. «Je n'ai pas encore complètement réalisé que j'ai gagné une médaille olympique», a-t-elle confié au Soleil, vendredi.
Trois jours après avoir révélé au monde entier tout son talent de freeskieuse, Lamarre ne mesurait pas l'ampleur de son exploit. Elle a passé à son cou la neuvième médaille canadienne à Sotchi, la première pour les représentants de la grande région de Québec.
«Moi, je ne change pas, mais l'attention des autres envers moi a changé. Hier [jeudi], on a réussi à avoir des billets pour le hockey [masculin, Canada contre Norvège]. Avoir une médaille, ç'a ses avantages!» lance en riant la fervente admiratrice du Canadien de Montréal.
Défenseur étoile du CH et membre de l'équipe olympique canadienne, P.K. Subban l'a même félicitée par le biais de Twitter. Une deuxième médaille, selon la principale intéressée. «Et j'ai reçu tellement de messages sur Facebook que je n'ai pas eu le temps de tous les lire», admet-elle.
Pour la skieuse-acrobate de 25 ans, le tourbillon se poursuivra à Sotchi jusqu'à la cérémonie de clôture, dimanche prochain. Elle continue sa tournée des grands ducs en compagnie de Dara Howell, son amie, Ontarienne de 19 ans et médaillée d'or de cette épreuve de slopestyle. Le sommeil commence à manquer, «mais c'est pour le mieux», assure Lamarre.
Opérée deux fois
Elle peut en profiter. Elle en a bûché un coup pour y arriver. Opérée deux fois au genou droit depuis deux ans, elle a été exclue de l'équipe canadienne de ski acrobatique, faute de résultats. Ce qui veut dire pas de subvention, ni d'entraîneur ou de physiothérapeute payé par l'équipe.
Elle y est arrivée par elle-même. Sa deuxième place à l'étape d'ouverture du Dew Tour, en décembre, et son troisième rang aux X Games, fin janvier, laissaient déjà poindre toute sa détermination. La médaille olympique la consacre. En point d'exclamation, dans le parcours du parc extrême de Rosa Khutor, sa manoeuvre sans rotation (zero spin) amorcée de dos a démontré son non-conformisme.
Elle n'a jamais eu le gros nom, ni la grosse tête. Juste le plaisir de skier librement aperçu pour la première fois à 13 ans, dans Propaganda, vidéo de Poor Boyz Productions où elle a apprécié plus que les chutes spectaculaires. Sa mère, alors comptable dans une entreprise de snowboard à Québec, Surf Politics, avait ramené le DVD à la maison.
C'est là qu'elle a remisé sa planche pour ressortir ses skis. Inspirée par les Jon Olsson, Tanner Hall et autres C.R. Johnson, mais aussi Jean-Philippe Auclair, Jean-François Cusson et Sarah Burke. Auclair est devenu son mentor, Cusson son entraîneur et Burke son amie.
Lamarre a suivi sa propre route, faisant sa marque «sans avoir trop l'air d'une fille» sur ses spatules. Auclair lui a montré comment «avoir l'air forte, avoir un beau style, ne pas avoir les petites jambes molles», s'était-elle rappelé, avant de partir pour les JO.
C'est le genre de conseils qu'elle donnera dans quelques semaines, lors d'un camp d'entraînement exclusivement féminin. Engagement pris avant les Jeux auprès d'un commanditaire. Gageons qu'elle y sera plus en demande que prévu.
Entre-temps, elle s'arrêtera quelques jours au domicile familial de Lac-Beauport, question de recharger ses batteries. À moins que . . . «Ma mère pense que ça va brasser un peu», laisse-t-elle tomber, devinant que la frénésie ne s'éteindra pas avec la flamme des Jeux.
«C'est sûr qu'à partir de maintenant, ça va être différent. Je vais continuer à faire ce que je faisais avant, mais de nouvelles opportunités vont se présenter à moi», résume celle qui se voit concourir à nouveau sous les anneaux, en 2018, à Pyeongchang.