Folk-pop, Les roses, de Kevin Thompson

Kevin Thompson: les fleurs... et le pot ***

C'est, semble-t-il, une sorte de coup de foudre amical qui a mené Pierre Marchand (Sarah McLachlan, Ron Sexsmith et Cie) à travailler sur le deuxième album de Kevin Thompson.
L'auteur-compositeur-interprète se cherchait un studio, il a aussi trouvé un réalisateur talentueux. La collaboration a été fructueuse : les chansons du natif de Baie-Comeau y ont trouvé un élégant emballage folk-pop, qui sert d'écrin à une poésie certes bien sentie, mais au raffinement inégal. L'album s'ouvre avec une image qui frappe : «Je t'ai vomi une rose», chante Thompson, qui marie son timbre singulier (cousin de Patrick Watson, moins une bonne dose de souplesse) à celui tout aussi hors du commun de Martha Wainwright. Cette déclaration aussi belle que maladroite ouvre la voie à une série de tableaux où l'amour est partout, mais fait parfois mal. Si La trahison s'exprime avec légèreté et de belle manière, les coeurs peuvent se briser avec fracas. On en veut pour preuve ce Broken Heart intense, mais qui flirte dangereusement avec les limites vocales de son interprète.