Kevin Parent a livré un concert intime et sympathique, vendredi, au Théâtre Petit Champlain.

Kevin Parent: à la bonne franquette

Deux vieux chums, quelques instruments, un public heureux d'être là. Kevin Parent a renoué avec ses fans de la capitale, vendredi, au Théâtre Petit Champlain, dans une formule intime des plus sympathiques, où il s'est permis de se la jouer romantique, nostalgique et cabotin.
On a eu davantage d'occasions de le voir à l'écran que sur les planches, ces derniers temps. Kevin Parent remédie ces jours-ci à la situation dans une tournée en duo avec l'ami batteur Michel Roy, compagnon de longue date et très solide complice de scène. Selon la description du chanteur, leur concert se situe à mi-chemin entre «se "péter la yeule" en essayant des nouvelles tounes et revisiter les chansons que certains reconnaîtront».
Disons que le rendu a été fidèle à l'annonce, sauf en ce qui concerne le «pétage de gueule» qui n'est pas survenu. Loin de là. Dans un moment d'autodérision, Parent a laissé entendre qu'il ne gagnerait pas le prix de la mise en scène de l'année avec ce spectacle. Vrai que ses interventions avaient un petit côté brouillon. Mais comment le lui reprocher quand il s'est montré si habile - et généreux - en musique? Il y a donc eu ces vieux succès (Fréquenter l'oubli, Father on the Go, Seigneur, La jasette, etc.) et quelques nouveautés, dont l'extrait lancé cette semaine, Ce beau monde-là.
À propos de celui-ci, le Gaspésien a confié s'être inspiré de son trouble, au sortir d'un gala hors d'ondes de l'ADISQ, de ne connaître à peu près personne dans la colonie artistique. En a résulté cette chanson un peu étrange bâtie sur une longue énumération de noms d'artistes d'ici.
Entre les vieilles et les neuves, Kevin Parent a ratissé large, accueillant les nombreuses demandes spéciales, offrant un hommage bien senti à son confrère de scène, revisitant Blondie et donnant à son public plusieurs occasions de rigoler. Une soirée à la bonne franquette qui a fait chaud au coeur.
Guillaume Arsenault
En début de soirée, le compatriote gaspésien Guillaume Arsenault a mis le Petit Champlain dans sa poche avec une prestation aussi chaleureuse qu'authentique. Seul sur scène, guitare acoustique en mains, l'auteur-compositeur-interprète a captivé son auditoire avec son charisme et sa poésie sensible. Largement méconnu du public, Arsenault a néanmoins réussi à faire chanter son monde dès la deuxième chanson. Il n'avait pas menti en début de spectacle en annonçant au public qu'il allait «vivre de quoi de vrai»...