Trampoliniste de formation, Karl L'Écuyer peut s'en donner à coeur joie dans un numéro de filet grand rebond. 

Karl L'écuyer: improbable duo

Quand Karl L'Écuyer se promène sur scène avec son énorme costume de Microcosmos, ça grouille - littéralement - à l'intérieur de lui. C'est qu'il transporte dans son gros ventre de métal un tout petit bout de femme mesurant 1,06 mètre. «Quand je danse, il faut absolument qu'elle danse en même temps que moi, pour ne pas me déséquilibrer», raconte le trampoliniste québécois.
Cette curieuse petite femme, qui a suscité la fascination dès les premières représentations de Kurios à Montréal, est en fait Antonia Satsura, une lilliputienne biélorusse âgée de 60 ans. Ceux qu'on appelle les lilliputiens sont en fait atteints de nanisme proportionné.
«Elle a beaucoup d'énergie. Elle ne s'en laisse pas imposer», raconte Karl L'Écuyer, qui est amené à travailler avec elle de très près. Si la barrière linguistique a d'abord constitué un important défi, maintenant, les deux artistes réussissent à bien se comprendre. «C'est elle ma patronne», lance en blaguant l'acrobate au bout du fil. 
En réalité, le personnage incarné par Antonia symbolise la conscience de Microcosmos, un personnage venu du monde des rêves. «On vient du monde qu'il y a dans notre tête. On vient déranger le Chercheur pour l'emmener voyager avec nous», raconte Karl L'Écuyer.
Le trampoliniste de formation n'en est pas à ses premières armes avec le Cirque du Soleil. Il s'y est joint pour une longue tournée de cinq ans sur OVO, où il incarnait un criquet. «Pour OVO, les trois mots clés de la metteure en scène étaient énergie, couleur et insectes. Michel Laprise, lui, est influencé par le monde du théâtre. Ce qu'il nous demande pour Kurios, c'est de l'émotion, et de la précision. Il y a beaucoup d'images et de poésie», compare-t-il. 
Après avoir incarné aussi longtemps un insecte, Karl L'Écuyer est content de revenir à quelque chose de plus humain. «J'adore les couleurs d'époque, les chapeaux melons, toute l'esthétique des années 20. Ça fait du bien de redevenir humain et de danser le Charleston! Les gens s'associent plus aux artistes sur la scène», ajoute-t-il. 
Qui plus est, le trampoliniste de formation, qui a beaucoup travaillé avec le Cirque en recherche et développement, à Montréal, peut s'en donner à coeur joie dans un numéro de filet grand rebond. «C'est un nouvel appareil, vraiment impressionnant, qui s'étend sur toute la scène», explique-t-il. 
Un mariage à Québec
Le passage de la tournée de Kurios à Québec ramènera bien des souvenirs à Karl L'Écuyer. Il a connu sa femme sur la production d'OVO, mais c'est à Québec, presque sur un coup de tête, qu'ils se sont mariés! En fait, les deux artistes travaillaient sur le quatrième volet des Chemins invisibles, le spectacle gratuit du Cirque du Soleil à Québec, à l'été 2012. 
«On voulait déjà se marier, alors quand on a fait le contrat sur La frontière de pixels, on a demandé au Cirque si on pouvait emprunter la scène du spectacle plus tard dans l'été. Ils ont dit oui, alors on a pris notre journée de congé pour inviter nos familles et nos amis du Cirque. Tout le monde s'est mélangé sur la scène, il y avait des costumes, il faisait beau soleil... C'était super!» se remémore Karl L'Écuyer. Cette fois, sa copine ne l'accompagnera pas dans la tournée. C'est que cette belle union sous le signe du Cirque a mené à la naissance d'un petit bébé il y a trois mois!