Journey gagne son pari

Même si le groupe est né au début des années 70 et qu'il n'avait jamais visité la capitale, force est d'admettre que l'«arena rock» de Journey a encore plusieurs adeptes à Québec puisque les plaines d'Abraham étaient à nouveau bien remplies dimanche soir, même si la foule n'était pas aussi tassée que lors des spectacles de Lady Gaga et de Snoop Dogg.
<p>Enthousiastes et toujours souriants, les membres de Journey ne donnaient pas du tout l'impression de s'accrocher à leur passé uniquement pour récolter quelques dollars, dimanche soir, sur les plaines d'Abraham.</p>
On se serait attendu à un parterre composé essentiellement de baby-boomers, mais il y avait quand même plusieurs visages jeunes parmi ceux qui s'étaient massés aux premiers rangs. La foule a rapidement adopté le chanteur philippin Arnel Pineda, doté d'une voix presque identique à celle de Steve Perry, chanteur de la période classique de Journey.
Moulé dans un pantalon de cuir, Pineda courait et sautait aux quatre coins de la scène pendant que les vétérans Neil Schon (guitare), Ross Valory (basse), Jonathan Cain (claviers) et le batteur Deen Castronovo ne rataient pas une note. Visiblement très en forme, Schon a multiplié les solos et s'est même permis une interprétation électrique du Ô Canada, qui a été grandement applaudie.
Enthousiastes et toujours souriants, les membres de Journey ne donnaient pas du tout l'impression de s'accrocher à leur passé uniquement pour récolter quelques dollars. Bref, on sentait vraiment que le coeur y était quand ils se lançaient dans Seperate Ways (Worlds Apart), Any Way You Want It, Lights, Wheel in the Sky et l'incontournable Don't Stop Believin' interprétée en tomber de rideau et que le public connaissait par coeur.
<p>Le Steve Miller Band a réchauffé la foule avant le spectacle de Journey.</p>
Steve Miller Band
Juste avant Journey, le Steve Miller Band avait réchauffé la foule. Malgré les lunettes fumées et le fedora qu'il n'a retiré que pour saluer le public, on constatait que Miller avait pris de l'âge. Le contraste était frappant entre le leader de 70 ans toujours immobile et son choriste Sonny Charles, qui a trois ans de plus mais qui bougeait et dansait constamment comme s'il avait 25 ans.
L'âge de Miller n'a pas affecté son jeu à la guitare ni sa voix, mais le musicien a tout de même eu, étrangement, beaucoup de difficulté à prendre le rythme dans son succès planétaire Abracadabra, qui n'a au surplus pas nécessairement bien vieilli.
C'est quand il revisitait les titres de l'époque glorieuse de son groupe dans les années 70, comme Jungle LoveRock'n Me ou The Joker que Miller visait le plus juste, même s'il n'a plus à ses côtés aucun des musiciens qui l'accompagnaient alors. Kenny Lee Lewis, un compagnon d'armes de la période Abracadabra, et les quatre mercenaires qui étaient sur scène avec lui ont tout de même bien rendu justice aux oeuvres de Miller. 
Matthew Curry
À tout juste 19 ans, le chanteur et guitariste Matthew Curry, premier à monter sur la scène des Plaines dimanche soir, faisait figure de jeunot dans un programme surtout axé sur la nostalgie. En fait, le vénérable Steve Miller pourrait facilement être son grand-père, tout comme plusieurs membres de Journey.
Le jeune prodige de Bloomington, en Indiana, a fait très bonne impression dans une courte prestation où il a montré qu'il s'y connaissait en blues rock. Il faut dire que malgré son jeune âge, il gratte sa six-cordes depuis plusieurs années, des vidéos sur le site YouTube le montrant à l'oeuvre à 11 et 12 ans.