Journey

Journey et la dirty dozen

Pour le bassiste Ross Valory, qui fait partie de la grande aventure du groupe Journey depuis les débuts en 1973, le choix des pièces à interpréter en spectacle est une décision importante à ne pas prendre à la légère, surtout quand il faut choisir parmi près de 225 pièces lancées dans cinq décennies différentes.
«Au fil des années, nous avons développé une méthode où ce qui importe, c'est de jouer ce que j'appelle la dirty dozen. Ce que je veux dire, c'est que dans un spectacle de 90 minutes, il faut absolument inclure 12 pièces familières ou grands succès. Il y en a au total de 18 à 20 et nous en sélectionnons de 12 à 14, car, malheureusement, on ne peut pas les jouer toutes. On ne peut faire plaisir à tout le monde», explique Valory en entrevue au Soleil.
«On ajoute aussi à cela une ou deux nouvelles chansons, c'est-à-dire des chansons que nous avons faites après 1996. Présentement, ce sont deux pièces de notre album Eclipse, paru en 2011. Et nous ajoutons aussi quelques autres chansons de la fin des années 70 qui se marient bien au reste du programme, par exemple Lights ou Wheel in the Sky
Pour son premier passage à Québec, Journey s'amène avec le chanteur philippin Arnel Pineda, qui s'est joint au groupe en 2007 et dont la voix ressemble à s'y méprendre à celle de Steve Perry, qui avait fait les belles années du groupe.
«Les fans ont adopté Arnel, il chante merveilleusement bien. C'est incroyable, c'est un homme qu'on a trouvé de l'autre côté de l'océan et qui chante comme un oiseau. Il est tellement talentueux! Tu devrais l'entendre interpréter des pièces de Robert Plant, de Sting ou même de Nat King Cole. Ce n'est pas seulement de l'imitation, il les fait siennes, ces chansons», affirme Valory.
Steve Perry
Malgré tout, plusieurs fans de Journey se sont mis à rêver quand ils ont appris que Perry était sorti de la retraite qu'il s'était imposée depuis plusieurs années pour interpréter quelques pièces de Journey en spectacle avec le groupe Eels.
Pour ajouter aux rumeurs, le guitariste Neal Schon a lancé sur Facebook une invitation à Perry de reprendre contact avec lui alors que Pineda a écrit sur le site de microblogage Twitter qu'il était prêt à céder le microphone à Perry si celui-ci le souhaitait.
Valory a cependant tenu à mettre un bémol aux rumeurs. «La machine à rumeurs s'est emballée et c'est compréhensible, mais il faut savoir que les membres de Journey n'ont eu aucun contact avec Steve depuis janvier 2005 quand notre étoile a été dévoilée sur le Hollywood Walk of Fame. Tout s'était bien passé, mais on n'a pas eu de ses nouvelles depuis!»
«C'est certain que les récentes vidéos sur YouTube ont stimulé les fans. Moi-même, je trouve ça excitant de voir ce qu'il a fait. C'est bien de le voir s'amuser comme ça, mais il n'y a pour l'instant aucun plan de réunion avec Steve. Pour ce qui est des commentaires d'Arnel, je crois qu'il est simplement très ouvert d'esprit», termine le bassiste.
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Les quatre albums préférés de Ross Valory
Ross Valory l'avoue : il est difficile pour lui de dire lequel des 15albums studio de Journey il préfère. «Ça peut varier, ça dépend aussi de la raison pour laquelle tu choisis tel ou tel album», a-t-il résumé avant d'en identifier quatre qu'il apprécie particulièrement.
Dream After Dream (1980) : «C'est la trame sonore d'un film japonais que nous avons faite en 1980. C'est un de ces objets de collection très difficiles à trouver aujourd'hui. Je l'aime beaucoup parce qu'il est tellement différent de tout le reste.»
Escape (1981) : «On ne peut passer à côté de cet album, car c'est celui qui a signalé l'arrivée de Journey comme étant un groupe populaire», affirme Valory au sujet de cet album sur lequel on trouve les mégasuccès Don't Stop Believin, Who's Crying Now et Open Arms.
Trial by Fire (1996) : «Je suis très fier de cet album, car c'était celui de notre retour, 10 ans après que nous ayons décidé de prendre une pause. Tout le monde était là et la chanson When You Love a Woman avait été un beau succès.»
Arrival (2000) : «Cet album contenait de la très bonne musique, mais on s'était fait napsteriser. Tu te souviens du site de partage de fichiers Napster? L'album s'était retrouvé là avant sa sortie aux États-Unis, qui avait dû être reportée de plusieurs mois.»
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Rois de la scène... et des arcades
Vingt-deux ans avant Guitar Hero, les membres de Journey sont devenus les vedettes d'un jeu vidéo. Et ce n'était pas seulement leur musique, mais aussi leurs visages et leurs instruments qui étaient en vedette sur le jeu d'arcade au nom du groupe lancé en 1983.
«À l'époque, on voyait parfois des machines à boules à l'effigie de groupes rock, mais nous sommes le premier à avoir eu notre propre jeu vidéo. La compagnie Bally Midway nous avait approchés avec ce projet. On a dit oui, car c'était quelque chose d'unique et de cute», indique le bassiste Ross Valory.
Fait particulier, les cinq membres du groupe se sont fait photographier pour que ce soit bel et bien leurs visages qui apparaissent sur le corps des personnages du jeu.
«Le seul problème que j'avais avec ce jeu, c'est que chaque membre du groupe avait son niveau et que le mien était le plus facile! Les joueurs faisaient toujours mon niveau en premier pour cette raison», commente en riant le musicien au sujet du tableau où il doit canarder avec sa basse des canons qui le mitraillent de petits disques vinyle.
Valory avoue d'ailleurs avoir récemment fait l'acquisition d'un exemplaire de la fameuse machine d'arcade sur eBay. «Je ne me souviens plus combien je l'ai payée, mais je l'ai placée dans mon bureau. Et je dois avouer que je n'y ai pas encore joué. Il faudra que je m'y mette bientôt!»
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Vous voulez y aller?
Quoi : Journey
Où : plaines d'Abraham
Quand : dimanche, 21h30
Billets : laissez-passer du FEQ
Tél. : 418 523-4540