Naila se produira au Petit Impérial, jeudi soir.

Journées d'Afrique: en «mission» pour la musique

Diversité et découverte. Depuis presque deux décennies, les organisateurs des Journées d'Afrique suivent la même ligne directrice. Pour leur 19e anniversaire, elle les mène dès aujourd'hui et jusqu'au 27 juillet sur la trace de musiques du continent africain, d'Europe, des Caraïbes et du Québec.
<p>Karim Ouellet</p>
Maître d'oeuvre du festival depuis ses débuts, Ousmane Gueye poursuit cette année ce qu'il décrit comme «une mission», malgré un contexte pas toujours favorable. Entre les difficultés budgétaires (lire l'autre texte) et les aléas de la programmation, l'organisateur maintient le cap. «On ne le fait pas pour l'argent, on le fait pour l'amour de la musique, résume-t-il. On le fait pour voir les gens s'ouvrir et découvrir la musique du monde. Quand ils repartent avec le sourire, c'est ça ma récompense.»
À quelques jours du lancement des 19es Journées d'Afrique, le festival a été contraint de renoncer à l'une de ses principales têtes d'affiche, l'Ivoirien Alpha Blondy. Ousmane Gueye préfère rester discret sur les raisons de l'annulation, concentrant ses énergies sur ce qui se dessine pour les prochains jours. Le programmateur se dit particulièrement fier de la venue de l'Opera de la Calle, une troupe cubaine touchant à divers genres musicaux qu'on pourra voir pour la première fois ici grâce à un partenariat avec le Festival d'opéra de Québec et le Festival international Cubaneando de Montréal.
«Ils ont débuté dans la rue à La Havane. C'est la première fois qu'ils sortent de Cuba. C'est 36 personnes qui présentent un spectacle à grand déploiement. Je ne voulais pas manquer l'opportunité de présenter ça à Québec», note M. Gueye, qui a sollicité des partenaires pour faciliter la concrétisation du projet dans la capitale. «Eux aussi voulaient que ce spectacle-là soit accessible au grand public», ajoute-t-il à propos des organisateurs du Festival d'opéra.
D'ici au 27 juillet, les Journées d'Afrique accueilleront une vingtaine d'artistes ou de formations, qui offriront prestations et ateliers dans plusieurs lieux de Québec. Le volet gratuit du festival se déploiera à la place D'Youville. La formation reggae de Québec Jah & I, la chanteuse Kady Diarra (Burkina Faso), le joueur de Kora d'origine sénégalaise Zal Sissokho et l'auteur-compositeur-interprète Wesli (né en Haïti) sont notamment au programme du 24 au 27 juillet. Place D'Youville accueillera également des ateliers de danse et de musique en après-midi le 26 et le 27 juillet.
La programmation en salles inclut des prestations de la formation française HK et les Saltimbanks et de la chanteuse de Trinidad Naila, attendus jeudi soir au Petit Impérial. Le rappeur Dramatik (vendredi) et la formation d'Anguilla British Dependency (dimanche) passeront de leur côté par le Cercle, tout comme Karim Ouellet et King Abid, qui serviront un DJ set samedi soir. Détails et programmation complète au www.festivaljourneedafrique.com
Deux événements, deux vocations
Le mois dernier, Limoilou a accueilli le premier MondoKarnaval, qui a donné lieu à des prestations artistiques et à un défilé auquel ont pris part plusieurs communautés culturelles de la capitale. L'événement, qui s'appelait auparavant L'Afrique en Fête, a reçu une aide de 25 000 $ de la Ville pour centraliser ses activités autour du parc Cartier-Brébeuf et refléter davantage la diversité culturelle de Québec. Un montant qui a fait sursauter l'organisateur des Journées d'Afrique, Ousmane Gueye, qui dit avoir vu fondre l'enveloppe que lui a remise Québec dans les dernières années. Pour 2014, une subvention de 14 000 $ a à ce jour été accordée par la Ville à l'événement, doté d'un budget d'exploitation de 150 000 $.
Membre du comité exécutif responsable du dossier des communautés culturelles, Chantal Gilbert considère que les deux festivals ont des missions différentes. Elle souligne la portée sociale du MondoKarnaval, présenté pour la première fois fin juin, par rapport à la vocation musicale des Journées d'Afrique.
«Pour nous, c'est une très grande réussite», note-t-elle à propos du MondoKarnaval. «Il y a 33 communautés culturelles qui ont été présentes, ajoute-t-elle. Ç'a été une belle parade, une belle animation dans le quartier. C'est un rassemblement que l'on veut voir grandir parce c'est un événement à portée éminemment sociale. C'était gratuit, ouvert aux familles, il y avait une plateforme pour toutes les communautés. Le maire y était pendant une soirée et il a trouvé que c'était un bel événement. On dit tout de suite que l'an prochain, on veut être là.»