Joséphine est une adaptation dynamique mais convenue de la bande dessinée du même nom. Joséphine (Marilou Berry) cherche l'homme parfait, mange ses émotions et accumule les gaffes. Bref, c'est une Bridget Jones à la française.

Joséphine: le mari imaginaire

Joséphine est un divertissement léger et pétillant avec un public cible - les femmes de 18-30 ans - et l'assume. Agnès Obadia mise sur une réalisation dynamique, mais convenue de cette adaptation de la bande dessinée de Pénélope Bagieu qui, autrement, propose une mince intrigue servie par des personnages stéréotypés et proposant un message rétrograde, celui que le bonheur de la femme repose invariablement sur la quête et la conquête de l'âme soeur.
Donc Joséphine (Marilou Berry) a 30 ans, un gros cul, couche avec Brad Pitt - son chat roux - et travaille, c'est vite dit, dans une boîte où son supérieur Gilles (Mehdi Nebbou) rêve d'elle la nuit. En quête d'un homme parfait, elle mange ses émotions et accumule les gaffes. Bref, c'est une Bridget Jones à la française.
Tout va relativement bien jusqu'au jour où sa soeur cadette «parfaite» (Alice Pol) annonce son mariage. Joséphine renchérit en annonçant ses fiançailles avec un chirurgien brésilien. Évidemment, un mensonge en entraîne un autre. Et l'héroïne, censée être partie à Rio, se retrouve à squatter son appartement où s'est relogé Gilles, depuis sa séparation.
Joséphine découvre - évidemment - que ce qu'elle cherche est juste sous ses yeux. Sa présence secrète est - tout aussi évidemment - le prétexte idéal pour les jeux de portes et les quiproquos propres au vaudeville. Qu'on aime ou pas le genre, c'est plutôt bien fait et bien joué, avec le traditionnel numéro musical en prime.
Le bât blesse sur le fond. En comédie, on peut s'attendre à ce que les personnages soient superficiels, mais pas à ce point. Même son trio d'amis relève du stéréotype (l'homosexuel, la blonde cochonne et la coincée). Toutes les femmes du film sont superficielles et subordonnées à l'homme. On s'étonne qu'une réalisatrice ait souscrit à un tel propos sans avoir essayé de le pervertir.
On veut bien croire qu'il s'agissait d'un film de commande, mais on s'étonne qu'Agnès Obadia (Romaine par moins 30) ait pu y souscrire. Il y a bien sûr des traits culturels différents entre la France et ici, mais il est déplorable qu'un film dont les rôles principaux sont assumés par des femmes pour des femmes, avec une réalisatrice à la barre, propose une vision aussi réductrice.
Bref, une comédie estivale vite consommée et vite oubliée, fraîche et pétillante comme un verre sur la terrasse - cliché qui correspond à ce long métrage rigolo, mais beaucoup trop prévisible et convenu.