Le fait que la femme sans domicile fixe ait été retrouvée nue, dans un stationnement de la rue du Parvis en octobre 2012, avait frappé l'imaginaire. Le coroner y va d'une théorie pour l'expliquer.

Joëlle Tshernish morte d'une surdose de drogue et d'hypothermie

Joëlle Tshernish, cette femme sans domicile fixe retrouvée morte, nue, dans un stationnement de la rue du Parvis, le 11 octobre 2012, est décédée à cause de l'effet combiné d'une surconsommation de drogues et d'une hypothermie, conclut le coroner.
<p>Joëlle Tshernish </p>
Plusieurs se souviennent encore de ce jeudi matin d'automne perturbé par la troublante découverte, réalisée par une employée de stationnement du 275, rue du Parvis. Le corps de Joëlle Tshernish gît alors sur le bitume, inanimé, sans rien d'autre autour. La jeune femme est étendue sur le dos, presque entièrement nue, ne portant que des bas. 
Les autorités auront un mal fou à comprendre et surtout à expliquer les circonstances du décès de la femme de 31 ans. 
Après deux autopsies et presque trois ans d'attente, le coroner Martin Clavet a finalement achevé son rapport le 12 juin dernier. «Le décès de Mme Tshernish est attribuable à l'effet combiné d'une polyintoxication aux drogues d'abus [cocaïne et cannabis] et d'une hypothermie», conclut-il dans le document tenant sur deux petites pages. Cette nuit-là de 2012, il faisait 5 °C.
S'il en a déterminé la cause, le coroner ne s'avance pas sur les circonstances ayant mené à la mort de cette sans-abri originaire de Betsiamites, sur la Côte-Nord. «A-t-elle commis un geste volontaire? [...] Ou bien son décès est-il accidentel, précipité par une intoxication aiguë à des drogues d'abus? L'enquête policière et l'analyse de l'ensemble des constatations et des circonstances [...] n'ont pas permis de conclure dans un sens ou dans l'autre.»
Le fait que Joëlle Tshernish ait été retrouvée nue avait notamment frappé l'imaginaire. Le coroner y va d'une théorie pour l'expliquer, sans rien conclure hors de tout doute. «Lorsqu'une importante hypothermie se produit, il arrive que la personne devienne désorientée, confuse, voire combative. Avant de mourir, il peut se produire un comportement étrange appelé "déshabillage paradoxal", où la personne enlève ses vêtements», avance-t-il. 
Période trouble
Toujours selon le rapport du coroner, Mme Tshernish avait été vue la veille de son décès, sur le parvis de l'église Saint-Roch. «Selon certaines de ses connaissances, aux moments des évènements, Mme Tshernish semble plus déprimée qu'à l'habitude, est plus irritable et renfermée, et pleure souvent.» Elle est reconnue une première fois en après-midi, à jeun, puis une deuxième fois en soirée, visiblement intoxiquée.
Une caméra de surveillance du stationnement la montre également accompagnée d'un autre individu, tard le soir du 10 octobre. L'homme est capté de nouveau dans la nuit, mais pas Joëlle Tshernish, dont le décès s'est probablement produit au petit matin.
La mort, considérée suspecte au départ, ne semble inclure aucun élément criminel. Ce que le coroner confirme officiellement. «L'enquête policière a indiqué qu'il n'y avait rien de suspect pouvant suggérer un acte criminel.»