«Je suis obsédé par le jeu de la guitare, obsédé par la collection de guitares, obsédé par l'idée de faire de la musique!»-  Joe Bonamassa
«Je suis obsédé par le jeu de la guitare, obsédé par la collection de guitares, obsédé par l'idée de faire de la musique!»-  Joe Bonamassa

Joe Bonamassa: une vie consacrée à la guitare

Nicolas Houle
Nicolas Houle
Le Soleil
Il joue de la guitare, il parle de guitare, il collectionne les guitares. La vie de Joe Bonamassa gravite entièrement autour de son instrument fétiche. Pas étonnant qu'à 37 ans, l'Américain qui affectionne les collaborations, de John Hiatt à Paul Rodgers, s'impose parmi les maîtres de la six cordes.
On l'associe généralement au blues, mais Joe Bonamassa se plaît à flirter avec les genres. D'ailleurs, le blues qu'il pratique prend ses racines du côté de l'Angleterre, où les Eric Clapton, feu Paul Kossof ou encore Jeff Beck l'ont métissé de rock. Parallèlement, l'Américain s'essaie au funk, ne craint pas de s'aventurer en territoire classic rock, en plus de s'associer à la chanteuse Beth Hart et de se permettre des concerts acoustiques. Celui qui tourne pas moins de neuf mois par année fait son entrée à Québec par la grande porte du Colisée.
Q Vous menez votre carrière depuis plus de 25 ans, mais ce n'est que ces dernières années que votre nom commence à être connu autour du monde. La route vers le sommet est longue?
R Disons simplement que je suis un succès instantané de 25 ans!
Q Vous avez commencé le métier très jeune, notamment en faisant la première partie de B.B. King à l'âge de 12 ans. Qu'est-ce qui vous a poussé vers la guitare?
R Mon père joue de la guitare. Il jouait du blues rock et était très impliqué; il faisait partie de groupes de musique. Mon grand-père jouait de la trompette et mon arrière-grand-père jouait aussi de la trompette. Donc c'est ainsi que je suis tombé dans la musique : ça fait quatre générations de musiciens...
Q Un des éléments qui vous distinguent est que vous allez toujours quelque part quand vous faites un solo. Ce n'est pas un ramassis de notes livrées rapidement, simplement pour impressionner. Il y a une volonté chez vous de raconter quelque chose avec émotion?
R Oui. Une part de tout ça est au-dessus de moi, quoique souvent, il faut savoir faire dans la retenue, mais essentiellement, ça vient naturellement. [...] Je veux partager de l'émotion et là-dessus, je m'inspire beaucoup de Gary Moore, qui m'a fortement influencé. Il était le parfait mélange de jeu virtuose et d'âme. C'est cet équilibre que je cherche.
Q Quand on parle de vous, on parle toujours de guitare, mais vous êtes également chanteur. Est-ce que vous avez besoin du chant autant que de votre instrument pour vous exprimer?
R Je chante en même temps que je joue et c'est l'élément le plus difficile à gérer en tournée. La voie est un muscle et il faut en prendre soin, à travers ce que vous faites. C'est un aspect très délicat, mais je prends beaucoup plus de plaisir à chanter aujourd'hui que par le passé.
Q Le guitariste Paul Kossoff et Free sont de grandes sources d'inspiration pour vous. Ç'a dû être un moment très particulier que de jouer avec le chanteur Paul Rodgers, comme on peut l'entendre sur votre récent enregistrement Tour de force : Live in London?
R C'était absolument génial de jouer des pièces de Free avec Paul. Et je compte désormais Paul parmi mes amis. C'est un de ces moments surréalistes d'avoir une de vos sources d'inspiration devenir votre ami. Je ne saurais dire à quel point c'est cool!
Q Il semble que vous avez toujours une guitare entre les mains. Que faites-vous quand vous n'êtes pas sur scène? Occupé à penser à ce que vous aller jouer?
R Je collectionne les guitares. Je les utilise, j'y pense. Toute ma vie est liée aux guitares.
Q Votre femme n'est pas jalouse?
R Je n'ai pas de femme [il a tout de même longtemps côtoyé la chanteuse Sandi Thom], c'est pourquoi je collectionne les guitares!
Q Sur scène, vous n'avez pas peur d'ajouter des pièces d'autrui. Qu'est-ce qui vous attire dans ces pièces au point de vous les approprier?
R Cette tournée au départ était de 70 % de compositions originales, 30 % de reprises, mais je dirais qu'au-delà de la musique, ça prend de bonnes paroles, c'est primordial.
Q Vous vous offrez le Colisée pour votre première visite en ville. Ce doit être un défi, non?
R Monter sur des scènes, je fais ça tous les jours avec mes musiciens; on est prêt pour ça. Le vrai défi pour moi, c'est d'aller chercher le public et de le combler.
*******
Black Country Communion : conserver les bons souvenirs
Joe Bonamassa aime être membre d'un groupe et troquer son rôle de leader pour devenir uniquement le guitariste. C'est dans cet esprit qu'il a formé le supergroupe Black Country Communion en 2009 avec l'ex-Deep Purple Glenn Hughes (voix, basse), le batteur Jason Bonham, de la dynastie Led Zeppelin et le claviériste Derek Sherinian. Toutefois, l'aventure s'est terminée un peu abruptement l'an passé. «Je crois qu'avec BCC, on a fait deux bons albums studio, le troisième l'était moins et les tournées étaient agréables, pas suffisamment pour que je continue à en faire. Au final, c'était une bonne expérience, si j'avais à trancher si c'était plus positif que négatif, c'était assurément plus positif. Je crois que ç'aurait pu se terminer mieux, Glenn a une tendance à réécrire l'histoire, c'est ok, c'est ainsi. Il a un nouveau groupe désormais et ils feront du bon boulot. Au départ, j'étais un fan de Jason Bonham, un fan de Glenn Hughes, et je le suis encore : ce sont de fantastiques musiciens.»
*******
Un Stradivarius nommé Les Paul 1959
Joe Bonamassa a une imposante collection de quelque 300 guitares. Il raconte qu'il en avait même davantage, mais qu'il s'est débarrassé des pièces qui n'avaient pas de valeur. Mais qu'importe s'il fait de nouveaux ajouts, il y a toujours une guitare vers laquelle il revient : sa Les Paul 1959 Sunburst de Gibson. «Je crois que c'est le Stradivarius de l'ère moderne. C'est un mélange parfait de bois et de travail de lutherie. Ç'a été amplement utilisé dans le rock, mais sans être pensé nécessairement pour ça, c'est comme un heureux hasard. C'est ce que j'aime. Et mes héros sont des guitaristes comme Jeff Beck.»
********
Vous voulez y aller?
Qui : Joe Bonamassa
Quand : 20 mai à 20h
Où : Colisée
Billets : de 87,83 $ à 122,32 $