Bien qu'ils ne partagent pas les mêmes idéaux politiques, les cinq jeunes politiciens s'entendent sur l'importance de faire de la politique autrement.

Jeunes en politique: toutes les raisons sont bonnes pour plonger

Q Quel a été le déclic de votre implication en politique? 
Samuel Poulin (CAQ) «À 14 ans, je savais le nom des 125 députés de l'Assemblée nationale par coeur! Tu nommais une ville, je pouvais te dire le nom du député. J'ai toujours aimé la politique, j'aime la Beauce et mon grand-père, Jean-Denis Poulin, m'a inspiré énormément parce que c'est un grand bâtisseur de la Beauce. À un moment donné, tu as une boule en toi qui dit : "Il faut que j'y aille, c'est le temps ou jamais."» 
Kaven Mathieu (PQ) «Cela a toujours été dans mon optique, de faire de la politique active. En lisant aussi les biographies de René Lévesque, qui est vraiment un modèle. Thetford Mines, c'est une des plus vieilles villes en âge au Canada. Et je me dis, demain matin, comment on va faire pour conserver nos municipalités si la population ne se rajeunit pas?»
Annie Grégoire-Gauthier (ON) «C'est une décision qui s'est construite peu à peu et au fil de mon implication dans le parti. En prenant des responsabilités et en voyant les autres candidats aller aussi aux dernières élections. J'ai eu envie de me lancer pour être inspirante à mon tour.»
Florent Tanlet (PLQ) «Ce sont les fameux tests d'actualité de l'Université Laval de Gérard Leclerc. Comme j'étais Français, je ne connaissais absolument rien à la politique québécoise. J'avais plein de cahiers, je lisais tous les journaux. C'est comme ça que j'ai développé le goût de la politique.»
Catherine Côté (QS) «J'ai toujours eu ce besoin-là d'aider les gens. Même quand j'étais en sixième année, au secondaire, j'étais sur le conseil étudiant. Au cégep [Limoilou], j'ai été pendant la grève dans l'exécutif, et Dieu sait que j'ai appris sur le tas! Je m'impliquais sur le comité de Chaudière-Appalaches [de QS], et puis j'ai soudainement pensé : "Eille, je vais me présenter dans Portneuf." C'est tellement quelque chose de naturel.»
Q Si vous aviez une chose à changer à l'Assemblée nationale, quelle serait-elle?
KM «Peut-être qu'à l'Assemblée nationale, au lieu de vouloir planter le projet de l'autre, on devrait travailler à le bonifier, à l'alimenter plutôt que d'avoir des lignes partisanes.»
SP «Je pousserais ça plus loin sur la ligne de parti, il faudrait accepter que quelqu'un soit en désaccord avec nous-mêmes s'il se lève à l'Assemblée nationale. J'ai trouvé ça très déplorable pour la politique ce qui est arrivé à Fatima Houda-Pepin.»
AGG «J'ai l'impression que les vieux partis sont tellement sclérosés que le changement ne peut pas venir de l'intérieur. On va devoir aller vers autre chose.»
CC «La période des questions! Il devrait y avoir des pénalités pour ceux qui ne répondent pas pour de vrai.» 
Q Y a-t-il des thèmes plus chers aux jeunes? 
FT «Il faut aider les jeunes à démarrer des entreprises. Ils ont souvent peur, il y a trop de papiers, ils ne savent pas à qui s'adresser. Les jeunes en difficulté, ça vient me chercher droit au coeur.»
SP «Des fois, on touche des sujets des jeunes, mais qui touchent tout le monde. Kaven et moi, on est d'une région, l'exode des jeunes, la relève agricole, c'est un dossier de jeunes, mais qui touche toute la population. Moi, ça m'écoeure, le dumping des personnes âgées qu'on sépare pour envoyer dans des CHSLD différents. Ce n'est pas parce qu'on est jeune qu'on est insensible à ça.»
KM «On dirait qu'on fait des choses pour les personnes âgées et pour les jeunes. Pourquoi ne pas penser à des alliances inter-générationnelles?»
Q La jeune génération au pouvoir va-t-elle se lancer moins de boue? 
SP «J'en suis sûr!»
KM «C'est peut-être d'ailleurs ce que les jeunes vont apporter, les lignes de parti vont en manger une claque au cours des prochaines années. Parce que les Y, ce n'est pas des gens qui aiment se faire dire quoi faire. Si j'ai à défendre des convictions et des idées de ma région au sein du parti, même si Daniel Breton, à Montréal, il me dit qu'il n'est pas d'accord avec ça, il va avoir d'affaire à être d'accord parce que moi, je défends mon monde, je défends les gens de ma région en premier.»
FT «Les gens sont cyniques envers les politiciens qui veulent salir pour être élu. Je pense que ce n'est pas la façon nouvelle de faire la politique. Ça écoeure les gens.»
AGG «Personnellement la politique m'a toujours écoeuré à cause de ça, c'est vraiment Option nationale qui est arrivé avec un nouveau discours qui m'a fait changer d'idée.»
Q Les jeunes sont-ils plus intègres? 
SP «On n'est pas blasés par la politique. On n'est pas corrompus, on n'a jamais transporté d'enveloppe brune, on n'a pas eu le temps de le faire.»
FT «On n'a pas été sur le bateau.»
SP «On n'a pas eu le temps de manipuler de l'argent, on n'a pas le goût de le faire et on n'a pas envie de perdre notre nom pour 250 $.»
KM «On est vierge politiquement. C'est un regard nouveau.»
SP «Mais en même temps avec beaucoup d'expérience.»
FT «Les idées n'ont pas d'âge.»
SP «L'âge, c'est bon pour le vin et le fromage!»
Q Sentez-vous que les jeunes peuvent être utilisés pour combler des vides dans certaines circonscriptions? 
SP «Je ne me sens pas du tout comme un bouche-trou, il y en avait d'autres qui voulaient être candidats de la CAQ, ils m'ont choisi moi à cause de mes racines, et à cause de ma notoriété à la radio. L'âge, c'est vraiment un chiffre. Il y a des gens de 55 ans qui sont beaucoup moins politisés que nous.»
FT «Quand t'es jeune, si tu te lances en politique, tu le fais avant tout par passion. Je ne pense pas qu'il y a un candidat qui se dise : "Je vais être candidat, mais je ne veux pas être élu." Après, c'est sûr qu'il y a des comtés qui sont plus ou moins difficiles ou faciles. Mais je pense que la jeunesse, on doit faire notre place. Ça peut montrer qu'il y a une relève au Québec.»
CC «Il y en a comme moi qui savent qui ne seront pas élus. Moi, je vais chercher mes victoires ailleurs. Si je suis capable d'aller chercher un 4 ou 5 % dans Portneuf, où c'est vraiment pas facile pour les idées de gauche, ça va être une belle victoire.»
Q Où serez-vous dans 20 ans?
KM «Je serai toujours à développer ma région.»
SP «Ma famille, mes enfants. Parce que avant la politique, pour moi, il y a la famille, les amis, l'amour.» 
CC «Moi, je veux être sage-femme, sûrement encore en politique et mère. Probablement.»
FT «Là où la vie me mènera.»
AGG «Dans un Québec souverain.»