L'entraîneur adjoint Jean-Philippe Roy effectue un troisième passage dans l'uniforme des Capitales.

Jean-Philippe Roy à l'école du baseball

Après une première expérience avec les Capitales de Québec, en 2007, Jean-Philippe Roy est de retour dans l'abri de l'équipe de la Ligue Can-Am de baseball indépendant en qualité d'entraîneur adjoint. Comme Michel Laplante l'avait fait voilà 10 ans, c'est au tour du gérant Patrick Scalabrini de profiter de ses connaissances et compétences, aussi profondes que variées. Portrait d'un homme qui a fréquenté - et quasiment développé - l'école du baseball. Leçon d'histoire!
À son tout premier cours à l'Université Laval, le professeur Gaston Marcotte avait soumis un travail à ses nouveaux étudiants : inventer un projet afin de créer son emploi de rêve. Sans le savoir, Jean-Philippe Roy venait de jeter les bases de sa future carrière en développant une ébauche de programme sport-études de baseball. Aujourd'hui, il gagne sa vie grâce à ce concept désormais implanté dans quatre écoles secondaires de Québec.
«Il y a 20 ans, c'était impensable de travailler à temps plein dans le baseball à Québec, ça démontre qu'il y a eu une belle évolution de ce sport dans la région», admet le nouvel entraîneur adjoint des Capitales.
Ancien brillant arrêt-court midget AAA et junior élite, Roy contribue depuis le tournant du millénaire au développement des joueurs de la région. En 2000, il participe au lancement du programme sport-études des Canonniers de Québec, aujourd'hui associé aux écoles Cardinal-Roy, Pointe-Lévy, La Seigneurie et le Séminaire Saint-François. De 12 participants, au début, ils sont désormais 150 joueurs étudiants à y être inscrits, en plus de 20 au collégial.
«Il n'y a pas beaucoup d'emplois où tu peux faire la différence dans la vie d'une personne. Nous, on le fait et c'est très valorisant. Je me vois faire cela pendant des années», dit celui qui a su bien s'entourer au sport-études avec des entraîneurs comme Christian Chénard, Dominik Walsh, Guillaume Leduc, Patrick Scalabrini, T.J. Stanton, Josué Peley, Jonathan Malo et autres passionnés de balle comme lui.
Rare triple couronne
Roy fait aussi partie du conseil d'administration du Complexe Baseball Victoria (CBV), nouveau gestionnaire du Stade Canac et du dôme qui y sera installé, l'hiver prochain. Et ce n'est pas tout : il est aussi dépisteur au Québec pour les Brewers de Milwaukee en plus d'avoir servi d'analyste à la radio des Capitales jusqu'à cette saison.
«Je m'enlignais pour être professeur d'éducation au Séminaire Saint-François, le père [Jean-Marc] Boulé aimait avoir des anciens élèves y enseigner. J'y avais même fait mon stage», raconte ce bachelier en activités sportives de l'Université Laval.
Avant de penser faire carrière dans les gymnases, Roy a joué au baseball, au hockey et au football. Le jeune garçon de Cap-Rouge n'avait même pas été invité au camp de sélection de l'équipe régionale de baseball midget AAA jusqu'à ce que l'association locale mette un peu de pression.
En parallèle au baseball, il est quart-arrière au football à l'école secondaire avec le Blizzard du SSF. «J'aurais dû continuer à jouer au football au niveau collégial, c'est l'un de mes regrets», dit celui qui a aussi dirigé des équipes scolaires de football et de basketball au même endroit.
Qu'importe, le baseball ne l'a pas rendu malheureux. Il dispute sa première saison junior avec les Patriotes de Sainte-Foy et devient membre de la première mouture des Diamants de Québec, qu'il dirigera aussi pendant quatre ans de 2008 à 2011, aventure conclue par un exploit inédit dans la LBJEQ : remporter le championnat des séries avec une fiche parfaite (12-0).
Auparavant, il avait été à la barre des Condors de Charlesbourg (midget AAA) de 2004 à 2006 et remporté une rare triple couronne : les championnats de la saison régulière, le tournoi de mi-saison et celui de la fin de la saison. «Un record qui tient toujours», dit fièrement celui qui aussi été instructeur avec l'équipe canadienne junior avant de la quitter pour être l'adjoint de Laplante avec les Capitales, en 2007.
Les belles années des Diamants
Roy jouait pour les Diamants lorsque 3000 personnes venaient assister à des matchs de baseball junior au Stade municipal contre les Alouettes de Charlesbourg au milieu des années 90. «C'était comme si on était dans les majeures», rappelle celui dont le numéro 9 est un des quatre chandails retirés au Stade Canac avec le 31 d'Eddie Lantigua, le 42 de Jackie Robinson et le 8 de Gary Carter.
«Je dis souvent à Michel [Lapante] que les Diamants ont beaucoup aidé à faire revivre le stade. Cela a fait réaliser à des gens que du baseball professionnel pouvait fonctionner à Québec», dit-il à propos de la naissance et de l'évolution des Capitales.
À l'aube de la quarantaine, le voici de retour avec cette équipe pour un troisième tour de piste, puisqu'il a joué brièvement à leur deuxième saison (2000)
 «En 2007, c'était un projet de carrière. J'avais accepté le poste d'adjoint par ambition et même renoncé à un poste d'adjoint avec l'équipe canadienne junior, qui alignait Phillippe Aumont et Brett Lawrie. En 2017, c'est une chance qu'on m'offre et un cadeau que je me fais. Je suis conscient de l'importance d'avoir un Québécois de plus dans l'entourage afin de poursuivre le développement du baseball à Québec», estime le père de Laurie-Anne, Alexandra et Julien, ses trois enfants âgés de 11, 9 et 5 ans.
Car même s'il prend beaucoup de place, il n'y a pas que le baseball dans la vie!
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Plusieurs surnoms, mais toujours la même passion
Jean-Philippe Roy en compagnie du gérant des Capitales, Patrick Scalabrini
Pour le premier gérant anglophone des Capitales, il était «Yépi». Aux États-Unis, on l'appelait plutôt «Félipé». Peu importe le surnom, Jean-Philippe Roy aura goûté au baseball universitaire américain et professionnel avant de devenir entraîneur et responsable d'un programme sport-études à Québec.
Roy a passé une session à l'Université Pfeiffer, à Missenheimer, en Caroline du Nord, où il cherchait à obtenir une bourse d'études pour jouer au baseball.
«Plusieurs universités américaines étaient venues à Québec afin de présenter leur programme scolaire et recruter des étudiants. On n'avait pas les contacts d'aujourd'hui et j'avais souligné que je jouais au baseball. L'une d'elles [Pfeiffer] avait levé la main et j'y étais allé pendant une session, mais je n'avais pas été en mesure de recevoir une bourse pour y rester», explique l'ancien arrêt-court à Charlesbourg (midget AAA) et à Sainte-Foy et Québec (junior).
En Caroline du Nord, Roy s'entraînait avec les Falcons, mais il n'a pas disputé de match régulier. Ironie du sort, il n'aura pas eu le temps non plus de frapper un coup sûr chez les pros avant que son passage comme réserviste avec les Capitales ne se termine.
Jeu défensif et
éthique de travail
En 2000, le joueur de 23 ans avait tenté sa chance au camp d'entraînement. Et à son grand plaisir, il avait été invité à commencer la deuxième saison des Capitales avec eux.
«Contrairement à plusieurs joueurs québécois qui ne voulaient pas être réservistes et qui ne se présentaient même pas au camp, j'y étais allé. Une blessure à l'arrêt-court régulier Ashanti McDonald m'avait permis de mériter un poste de réserviste à l'avant-champ», raconte-t-il avec un brin de fierté.
Il avait convaincu le premier gérant de l'histoire des Capitales, Jay Ward (décédé en 2012), de lui faire confiance en raison de la qualité de son jeu défensif et de son éthique de travail, pense encore Roy.
«Sincèrement, la marche était haute dans le temps entre le baseball junior et les Capitales. Elle l'est encore aujourd'hui même si les gars frappent avec des bâtons en bois et jouent dans les universités américaines. Imagine, moi, je frappais avec des bâtons en aluminium et je n'étais pas passé par la NCAA. J'étais un petit Québécois sans expérience, mais Jay Ward passait autant de temps avec moi dans la cage des frappeurs que ses vétérans. Ça m'avait impressionné.»
Julien Lépine, qui avait joué contre lui dans la LBJEQ, avait remplacé McDonald comme premier inter. Au total, Roy a disputé cinq matchs, dont trois... au deuxième but. En neuf présences officielles au bâton, il n'a pas réussi à frapper en lieu sûr. Même résultat en 2007, lorsqu'il avait obtenu trois présences par mesure d'urgence lorsqu'il était l'adjoint de Michel Laplante...
L'un de ses faits d'armes en carrière fut d'être l'arrêt-court partant de l'équipe du Québec à un championnat panaméricain midget à Chicago. Il sera nommé sur l'équipe d'étoiles du tournoi. «À mon retour, Carl Tardif titrait dans Le Soleil : Roy revient comblé et la babine enflée», rappelle-t-il en riant à propos d'un ancien reportage que l'auteur de ces lignes avait oublié...
On peut le confirmer, l'ancien joueur est toujours un homme de baseball comblé, mais le temps a fait disparaître certaines traces du passé!
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Son losange d'honneur
Au fil des ans, Jean-Philippe Roy a croisé plusieurs personnes ayant influencé son cheminement de carrière; dirigé ou affronté des joueurs de grande qualité. Tour d'horizon de son losange.
André Lachance
«Il a été mon premier vrai entraîneur-chef dans le midget AAA et m'a beaucoup guidé à mes débuts dans le programme sport-études par son rôle à Baseball Canada.»
Sylvain Saindon
«Il m'a dirigé avec les Diamants et à l'ABC, le meilleur coach que j'ai eu. Il m'a donné la piqûre du coaching. Il était passionné envers ses athlètes, on se sentait important à ses côtés.»
Michel Laplante
«Il m'a permis de vivre plein de choses, d'être une meilleure personne, un bon coach, un administrateur efficace. Mais surtout, il m'a permis de croire en moi-même et en mes rêves.»
Patrick Deschênes
«Le meilleur joueur que j'ai vu à Québec, dominant au bâton et au monticule dans le junior et chez les pros, autant dans l'affilié que l'indépendant.»
Chez les Diamants
Normand Gosselin, Alexandre Villeneuve et Jean-Sébastien Pouliot  : «Trois joueurs étoiles avec les Diamants qui faisaient tout sur le terrain, autant lancer que frapper et bien jouer en défensive»
Chez les Canonniers
Jonathan Paquet, Marc-Antoine Bérubé, Guillaume Gingras et Édouard Julien : «Des produits du programme sport-études des Canonniers qui ont été recrutés par des grandes universités ou repêchés par ligues majeures et qui montrent que tout est possible pour des jeunes de chez nous.»