Jean-Philippe Le Guellec a dû se contenter du 26e rang à la poursuite individuelle de 12,5 kilomètres, lundi.

Jean-Philippe Le Guellec: un baume sur la frustation

Quand la forme se dégrade et que les skis ralentissent, difficile de franchir le fil d'arrivée dans le groupe de tête. Encore frustré par sa poursuite de lundi, Jean-Philippe Le Guellec a bouclé la course individuelle de 20 km en 35e position, jeudi, au Centre Laura de biathlon.
Comme à toute chose malheur est bon, il pouvait se réjouir à l'idée que l'équipe canadienne avait réussi une première dans l'histoire du biathlon canadien en qualifiant trois biathlètes dans le 15 km au départ groupé, une course sur invitation par pointage seulement qui se déroulera dimanche.
«Je me garde les doigts croisés pour qu'on ait trois gars dans le mass start, ce serait une première dans une course internationale et ça se passerait aux Jeux olympiques en plus, ce serait malade», espérait-il, quelques minutes avant la confirmation de ce fait d'arme.
Il trouvait là son unique moment de plaisir de la soirée. Tout au long de la course disputée sur une neige molle, le résident de Val-Bélair a peiné pour avancer. Satisfait de sa note de 18 sur 20 au tir, il ne pouvait pas en dire autant de l'autre volet de la discipline.
«En partant, je me sentais pas trop pire, mais au fur et à mesure que la course avançait, ma forme se dégradait et mes skis ralentissaient. Déjà, au troisième tour [de cinq], je me faisais rattraper par les dossards 57 et 58, je voyais bien que la forme n'était pas là. Dans ce temps-là, tu fais ce que tu peux», disait-il d'un ton résigné.
Pour le numéro 56, ce fut de réaliser un temps de 51 minutes 25 secondes et 5 dixièmes. Il fut le troisième de la classe canadienne, derrière Brandon Green (21e) et Nathan Smith (25e), qui l'accompagneront au départ groupé.
Pour ajouter à sa déveine, il s'est retrouvé sur un parcours lent, lui qui affirme ne pas exceller dans des conditions comme celles qui frappent la région. Même si les organisateurs ont déposé du sel sur les pistes pour qu'elles durcissent, l'effet n'a pas duré parce que le mercure ne baisse jamais sous zéro.
«Ça aurait été le fun d'avoir un meilleur résultat, mais je n'étais pas dedans en ski, alors je ne peux pas demander des miracles non plus. C'est décevant, mais on ne peut pas être enforme pour six courses, surtout dans ces conditions. Il faut prendre cela en considération.»
À l'approche de la retraite (il accroche skis et carabine à la fin des Jeux), le sportif de 28 ans s'estime pourtant au sommet de son art. Il se savait dans le coup au sprint individuel (5e) et à la poursuite (26e) pour attaquer le podium. De toute évidence, la poursuite lui trotte encore dans la tête.
«Malgré la frustration accumulée des deux derniers jours, j'ai réussi à me concentrer sur la course d'aujourd'hui [jeudi]. Pour ce qui est d'avoir tourné la page sur la poursuite, c'est encore une zone grise. Oui, j'en suis revenu; mais de m'en remettre, c'est une autre étape. Ça demeure une très, très grande frustration.»