À Paradis City de Jean Leloup

Jean Leloup: le havre de Leloup ****

Une impression de quiétude se dégage de ce nouvel album de Jean Leloup, son premier en solo depuis Mille excuses Milady en 2009.
Le singulier musicien n'en est plus, semble-t-il, à l'heure des constats cyniques et des grandes confessions. Et cet apaisement lui va à merveille. Avec À Paradis City (en magasin mardi), il applique la philosophie du less is more : une collection courte, mais bien ramassée, où il revient à ce qu'il fait le mieux. Les mélodies et les trames narratives sont fortes; la guitare est partout, entre chaleureuses sonorités acoustiques et riffs électriques qui s'invitent dans le détour.
Leloup renoue avec certaines images qui lui sont chères (la mort quasi omniprésente et le voyage, notamment) dans cette galerie de personnages fragiles, où il se révèle un peu plus. Il y cultive aussi les contrastes de belle façon. Magnifique de douceur, Petit papillon évoque le fantasme de vaincre la mort, tandis que des titres comme Les bateaux et Retour à la maison mettent en exergue cette quête de connecter avec autrui ou de trouver un refuge. Difficile de trouver plus authentique.