Jean-Claude Bellavance a notamment travaillé dans l'ombre pour organiser l'aide aux sinistrés de Lac-Mégantic et à ceux de la Gaspésie à la suite d'inondations en 2007.

Jean-Claude Bellavance: un bénévole passionné à la Croix-Rouge

Jean-Claude Bellavance, le nouveau président de la Croix-Rouge pour le Québec, parle avec abondance et même avec passion de cet organisme qui vient en aide aux sinistrés. Mais quand vient le temps de parler de lui, de son implication, il est beaucoup moins volubile.
«Je suis toujours mal à l'aise de parler de moi», disait notre lauréat de la semaine lorsque nous l'avons rencontré dans les bureaux de la Croix-Rouge à Québec, près du parc Victoria.
Le mois dernier, M. Bellavance a reçu la plus haute distinction de l'organisme, soit l'Ordre de la Croix-Rouge, pour l'ensemble de son bénévolat dans cet organisme au cours des 12 dernières années.
Cet honneur lui a été décerné pour ses qualités de rassembleur et de communicateur. Il a travaillé dans l'ombre pour organiser l'aide aux sinistrés de Lac-Mégantic et à ceux de la Gaspésie à la suite d'inondations en 2007. On a souligné aussi son initiative d'impliquer des élèves du secondaire comme bénévoles à la Croix-Rouge en commençant par ceux du programme international de l'école Rochebelle dans le secteur de Sainte-Foy.
M. Bellevance est devenu bénévole après avoir pris sa retraite. Il était attiré par l'idée d'améliorer les conditions d'existence des personnes vulnérables. Originaire de Québec, plus précisément de la rue Arago, il a été professeur de géographie. Il a enseigné à l'école Cardinal-Roy, à Louis-Jolliet, à Brébeuf. Par la suite, il a été directeur d'école.
Son expérience de gestion a rapidement été mise à contribution à la Croix-Rouge. «Lors de la crise du logement à Québec en 2002, on m'a demandé d'être responsable des opérations avec une autre personne au sous-sol de l'église Saint-Roch. C'était un des trois centres d'hébergement. Même si je ne connaissais rien à la Croix-Rouge, on m'a dit qu'avec mon expérience en gestion des ressources humaines, matérielles et financières, je serais capable de m'en sortir», a-t-il raconté.
Sa méconnaissance des rouages de l'organisation a été grandement compensée par la grande collaboration des bénévoles. Par la suite, il a donné de la formation aux bénévoles sur la façon de monter et de gérer un centre d'hébergement d'urgence. «Ce qui rend la Croix-Rouge efficace, c'est son organisation. C'est à partir de ça qu'on a été capable de faire ce qu'on a fait à Lac-Mégantic», a-t-il souligné. Pour les sinistrés de Lac-Mégantic, la Croix-Rouge a recueilli des dons de 14 millions $, principalement en bons d'achat.
Il ne voit pas le rôle de la Croix-Rouge diminuer au cours des prochaines années. «À mon avis, la Croix-Rouge va être encore plus dans l'actualité. Avec les changements climatiques, des ouragans plus forts, on aura à intervenir davantage.»
Sortir des sentiers battus
Sous sa présidence, l'organisme pourrait sortir des sentiers battus et offrir de nouveaux services pour accompagner des personnes âgées pour un rendez-vous à l'hôpital. «On a des véhicules pour les urgences. La plupart du temps, ils sont ici sur le stationnement. On pourrait s'en servir pour autre chose. On réfléchit à ça», a dit M. Bellavance.
Des projets pilotes sont dans l'air dans la région de Montréal. «On ne veut pas faire de dédoublement avec un autre organisme et remplacer les services gouvernementaux. Si dans une région donnée il y a déjà un organisme communautaire qui offre le service, on n'ira pas le remplacer, mais si ailleurs c'est l'inverse, on pourrait donner le service», a-t-il précisé.
Dans la région de Québec, la Croix-Rouge compte de 400 à 500 bénévoles et près de 5000 dans tout le Québec.