Il est important de commencer à planifier tôt votre retraite si vous voulez avoir les revenus nécessaires pour vos vieux jours.

Jamais trop tôt pour la retraite

Que vous le vouliez ou non, vous courez «le risque» de vivre vieux. D'où l'importance de planifier tôt votre retraite.
«Les gens ont tendance à sous-estimer leur longévité, à en profiter pendant qu'ils sont jeunes», souligne Pierre Turgeon, porte-parole de la Régie des rentes du Québec (RRQ). «On constate que les gens se préoccupent avant tout du court terme, au lieu de faire des prévisions à long terme», ajoute
M. Turgeon, précisant toutefois que le rôle de la RRQ n'est pas de «faire la morale», mais plutôt de sensibiliser la population à l'importance de bien planifier ses vieux jours.
Au Québec, l'âge de la retraite est établi à 65 ans, tandis qu'il est de 67 ans au fédéral. En 2012, l'espérance de vie des Québécois à la naissance est de près de 82 ans, l'une des plus élevées au monde, et continue d'augmenter, selon le Bilan démographique 2013 de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). Les femmes vivent plus longtemps (84 ans), mais les hommes gagnent du terrain (80 ans). On estime que la province compte à l'heure actuelle un peu plus de 1600 centenaires, dont 90 % sont des femmes.
Devant ces chiffres, un constat s'impose : il faut être en mesure de subvenir à ses besoins - et, espérons-le, se gâter un peu - durant quelque 20 à 30 ans en moyenne après s'être retiré du marché du travail.
Prendre les choses en main
Environ quatre millions de personnes sont sur le marché du travail au Québec, et près de la moitié de ces travailleurs n'ont pas de régime d'épargne-retraite offert par leur employeur - communément appelé fonds de pension. Il devient alors impératif de prendre les choses en main et de mettre soi-même de l'argent de côté, puisque les rentes versées par les régimes publics sont loin de suffire pour assurer des revenus adéquats à la retraite.
«On estime qu'on aura besoin d'environ 60 % à 70 % de son plein salaire au moment de la retraite», indique Pierre Turgeon, précisant que cette donnée, toute relative, se base généralement sur le revenu annuel brut moyen des trois dernières années de travail (et non sur la moyenne du salaire gagné au cours de sa vie active).
Les régimes publics (RRQ au Québec et Prestation de sécurité de la vieillesse au fédéral) permettent de couvrir grosso modo 40 % du revenu total nécessaire à la retraite, mentionne M. Turgeon. «Ce sont des régimes de base. C'est mieux que rien, mais ce n'est pas assez.» Il reste donc de 20 % à 30 % à combler par soi-même, principalement par l'entremise du REER.
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Le RVER
Un million de travailleurs québécois  n'ont pas d'épargne personnelle en vue de la retraite, soulève le porte-parole de la RRQ, Pierre Turgeon. Alors que les employés de la fonction publique provinciale et fédérale ainsi que du secteur de la construction contribuent presque tous à un régime, le taux de participation diminue à 55 % dans les grandes entreprises et chute à 5 % dans les petites et moyennes entreprises (PME). Afin d'inciter les travailleurs à cotiser, une nouveauté apparaît dans l'épargne en 2014 : le Régime volontaire d'épargne-retraite (RVER).
L'objectif est d'inciter les travailleurs autonomes, les employés des PME et ceux des plus grandes entreprises privées qui n'ont pas de fonds de pension à contribuer à un régime de retraite, explique M. Turgeon. «L'employeur aura l'obligation d'offrir ce programme. L'employé n'est pas obligé de contribuer, mais il doit alors se retirer.» Le RVER est assujetti à la nouvelle Loi sur les régimes volontaires d'épargne-retraite, qui entrera en vigueur le 1er juillet. Les entreprises visées par la loi devront offrir le régime au plus tard le 31 décembre 2016 pour celles comptant 20 employés visés ou plus, et le 31 décembre 2017 pour celles comptant 10 à 19 employés visés. Pour les petites entreprises (5 à 9 employés), le gouvernement doit encore déterminer la date, qui ne peut être avant le 1er janvier 2018.