Aussi à l'aise dans les ballades que les pièces qui déménagent, Jake Bugg a débuté sa prestation à la guitare acoustique avant de la troquer pour une guitare électrique.

Jake Bugg casse la baraque!

Avec 20 chansons balancées sans anicroche en un peu moins d'une heure et demie, Jake Bugg en a impressionné plus d'un mercredi soir au parc de la Francophonie alors qu'il avait la tâche de monter sur scène juste avant Daniel Lanois.
Mercredi 9 juillet: Daniel Lanois au Parc de la Francophonie
Le Britannique de 20 ans n'est plus vieux que Justin Bieber que d'une seule journée, mais la comparaison s'arrête là. On a affaire à un artiste mature qui, aidé de l'ex-Snow Patrol Iain Archer, a su se bâtir un répertoire parfait pour sa voix à la Bob Dylan, entre folk, rock et country.
Bugg s'amène sur scène tout de noir vêtu avec un air un peu asocial qui fait partie du personnage, semblant totalement indifférent aux cris stridents qui se font entendre de la part de jeunes filles installées à l'avant-scène. Il ne perd pas de temps en palabres entre les chansons : au plus un «thank you very much», le jeune jase davantage avec le technicien qui lui tend ses guitares. Il a un spectacle à livrer et il le livre à la perfection, sans flafla.
Aussi à l'aise dans les ballades que les pièces qui déménagent, Bugg a commencé sa prestation à la guitare acoustique avant de la troquer pour une guitare électrique. Ses solos dans Simple Pleasures et Green Man ainsi que le riff maniaque de Slumville Sunrise ont montré que peu importe la six cordes, Bugg sait comment l'exploiter.
Après s'être attaqué à My My Hey Hey (Out of the Blue) de Neil Young, qu'il a rendue à la perfection, Bugg s'est essayé au français, lançant un «Passez une belle soirée, merci beaucoup» avant de finir avec l'électrique et entraînante Lightning Bolt.
Daniel Lanois
Après le spectacle énergique du jeune Britannique, le choix de Daniel Lanois d'entrer en scène avec deux pièces instrumentales interprétées à la guitare lap steel est venu casser un peu le rythme.
Si son talent de guitariste est indéniable, on avait quand même hâte d'entendre le légendaire producteur chanter, ce qu'il a fait avec The Maker, que le groupe The Killers avait interprétée sur les plaines d'Abraham la veille, bien appuyé par le bassiste Jim Wilson et le batteur Steven Nistor.
Le public a craqué quand le Québécois installé depuis longtemps à Los Angeles a livré un trio de chansons françaises et bilingues. Ces pièces qu'il interprète moins souvent aux États-Unis plaisent énormément au public francophone. Jolie Louise, Under A Stormy Sky et surtout O Marie avec son refrain coloré «on travaille au tabac, hostie» étaient attendues.
Gardant son momentum, Lanois a enchaîné avec deux superbes pièces, Falling at your Feet, coécrite avec Bono, et The Messenger, déjà reprise par le groupe The Tea Party. C'est dans des moments comme ceux-là qu'on se rend compte de l'ampleur du talent de Lanois et de la richesse de son répertoire. Il a aussi rempli sa promesse d'improviser une pièce en se basant sur la ville de Québec, une oeuvre épique interprétée juste avant le rappel de ce généreux spectacle de presque deux heures.