Malgré le thème archi-usé de l'amitié éprouvée par une histoire de cancer, la belle complicité de Drew Barrymore et Toni Collette fait d'Irremplaçable un divertissement agréable.

Irremplaçable: amies à la vie, à la mort  ***

CRITIQUE / Irremplaçable (Miss You Already) est l'exemple typique du film d'amitié (buddy movie). Qui célèbre ici la camaraderie et la solidarité féminine dans l'épreuve avec le duo habituel introverti/extraverti sur le ton de la dramédie.
Malheureusement sur le thème archi-usé du cancer et avec l'intention de provoquer le maximum d'empathie pour faire sortir les mouchoirs. Il y a tout de même une certaine retenue et la belle complicité de Drew Barrymore et Toni Collette pour en faire un divertissement agréable.
Lorsque Jess (Drew Barrymore), une Américaine, débarque en Angleterre en 1986, elle va rapidement se lier d'amitié avec Milly (Toni Collette). Les fillettes deviennent inséparables et franchissent les rites initiatiques en duo. Ce que nous montre un montage accéléré bien rythmé, jusqu'à la première relation sexuelle de Milly, qui tombe enceinte une fois, puis deux fois.
Les deux femmes vont continuer à se fréquenter, malgré les différences. Alors que l'excentrique et égocentrique Milly mène carrière et vie de famille avec succès, la discrète Jess tente désespérément d'avoir un enfant. Jusqu'à ce que la première apprenne qu'elle a le cancer du sein et que la deuxième puisse enfin réaliser son désir de maternité.
La maladie va évidemment prendre toute la place dans cet arc dramatique nettement trop prévisible qui ne nous épargne aucun cliché sur celle-ci, du manque de désir subséquent aux séquences de chimio vomitives.
Une copie d'Entre deux plages
Le scénario de Morwenna Banks ne se distingue pas outre mesure par son originalité: on dirait une copie à peine déguisée d'Entre deux plages (Beaches, 1988). Si ce n'est que le film de Gary Marshall se déroulait sur le bord des plages américaines et celui-ci à proximité des rives britanniques. Avec une touche locale: les deux femmes vont effectuer une virée dans le Yorkshire, un moment assez réussi, où se déroule l'action de leur roman fétiche, Les Hauts de Hurlevent, d'Emily Brontë.
On pourrait ajouter qu'à se concentrer sur Jess et Milly, leurs amoureux (Dominic Cooper et Paddy Considine) sont à peine esquissés. Par contre, le ton politiquement incorrect des dialogues et certains traits de caractère sont assez réussis.
On retiendra plutôt la touche de Catherine Hardwicke (Twilight: La fascination). Elle propose une réalisation avec une belle retenue, plaçant souvent sa caméra à distance dans les moments dramatiques plutôt que d'abuser des gros plans. Ce qui s'avère plus efficace que l'émotion mercenaire des gros plans sur les larmes des protagonistes. Il y a aussi l'utilisation, parfois, d'une caméra flottante qui reproduit assez bien le brouillard émotif des protagonistes, en prise avec des émotions contradictoires.
Le dernier tiers cathartique du long métrage va aussi racheter le parcours convenu du film et son aspect manipulateur. Barrymore et Collette, qui ne ménagent aucun effort, offrent de solides performances, nuancées et vibrantes, tentant de toucher le coeur des gens avec le courage et la dignité de leurs personnages.
Bref, un film de filles.
=> Au générique
Cote: ***
Titre: Irremplaçable
Genre: comédie dramatique
Réalisatrice: Catherine Hardwicke
Acteurs: Drew Barrymore, Toni Collette, Dominic Cooper
Salle : Beauport
Classement : général
Durée : 1h52
On aime : La retenue de la réalisation. La complicité des actrices.
On n'aime pas : L'aspect prévisible et peu original. Les clichés d'usage.