Bernard Lehre, président de la Fraternité des policiers de Québec.

Interventions policières et déontologie: des caméras pour montrer «toute la vérité»

En réponse aux nombreux citoyens qui prennent plaisir à filmer et à diffuser les interventions policières musclées, la Fraternité des policiers de Montréal propose de doter ses membres de caméras portatives qui permettraient de mieux protéger leurs actes par la saisie de leurs propres images sur le terrain.
«Un bel outil», mais probablement pas possible dans l'état budgétaire actuel, croient pour leur part Pierre Veilleux et Bernard Lehre, représentants des syndiqués de la Sûreté du Québec et de la police de Québec.
Dans un texte paru dans la dernière édition d'un magazine interne de la Fraternité montréalaise, le vice-président à la prévention et aux relations avec les membres, Yves Gendron, écrit que «le temps est probablement venu de montrer publiquement ce que nos policiers côtoient quotidiennement et de rendre accessible la vérité, toute la vérité». Cette déclaration fait écho aux vidéos d'altercations policières violentes qui se multiplient sur les réseaux sociaux depuis les manifestations du printemps 2012.
La Fraternité reconnaît que certains événements peuvent parfois prendre des tournures qui nécessitent l'usage de la force. Par contre, elle estime que les montages qui circulent ne montrent pas toujours ce qui a précédé ces démonstrations de force.
Bernard Lehre, président de la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec, considère que les caméras portatives pourraient aider à prémunir les policiers contre les «plaintes frivoles» déposées contre ses membres. Il cite en exemple les policiers de Val-Bélair, qui, avant les fusions municipales, étaient dotés de caméras dans leur voiture de patrouille. «Cela avait permis de démontrer entre autres qu'un prévenu avait monté un scénario de toutes pièces [pour incriminer les policiers], c'est-à-dire qu'il s'était cogné la tête à l'intérieur du véhicule de police pour faire croire que c'était les policiers qui l'avaient battu [...] C'est donc un avantage qui est non négligeable.»
Le président de l'Association des policiers provinciaux du Québec, Pierre Veilleux, croit aussi que les caméras pourraient engendrer un «effet dissuasif» à plusieurs égards, ce qui pourrait entraîner une baisse du nombre de plaintes déontologiques déposées contre les agents et sans doute améliorer les relations entre la police et les citoyens.
L'argent, un problème
Mais les deux porte-parole perçoivent un gros obstacle les retenant de revendiquer formellement cet outil à leurs patrons. «En bout de piste, on sait que c'est toujours une question budgétaire», signale M. Lehre. «Ce n'est pas avec des coupures de 22 millions $ qu'on va pouvoir se doter d'un tel système», ajouteM. Veilleux.
L'usage de caméras portatives a fait l'objet de projets-pilotes aux États-Unis depuis cinq ans et dans la ville de Victoria, en Colombie-Britannique, depuis 2009. Ces essais jugés concluants ont permis de réduire de 60 % le taux d'utilisation de la force dans les échanges entre policiers et citoyens, qui se sont généralement avérés plus pacifiques et moins violents verbalement. Avec La Presse Canadienne
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Lehre déçu des péquistes
Si jeudi les policiers manifestaient pour dénoncer l'attitude du gouvernement Marois à leur égard, ils sont aujourd'hui encore plus déçus de ses agissements.
«Je ne comprends pas pourquoi Martine Ouellet a accepté de rencontrer Bernard "Rambo" Gauthier lors de son passage sur la Côte-Nord avec Pauline Marois, alors qu'aucun ministre ou député du Parti québécois n'a daigné venir nous rencontrer devant l'Assemblée nationale pendant notre manifestation», a déploré Bernard Lehre, président de la Fraternité des policiers de Québec.
Celui-ci s'était joint avec une dizaine de ses membres aux quelque 200 policiers de la Sûreté du Québec qui ont pris la rue pour implorer le ministre de la Sécurité publique d'abolir la Commission spéciale d'examen sur les événements du printemps 2012. «On a eu droit à des échanges avec des députés libéraux et caquistes comme Robert Poëti et Jacques Duchesneau, mais rien du côté des péquistes», a poursuivi M. Lehre.