L'un des participants à la réunion de dimanche, Pascal Audet, a profité de l'événement pour pour faire un clin d'oeil à la nouvelle photo à la mode sur les réseaux sociaux : un selfie de groupe avec quelques-uns des participants.

«InstaMeet» à Québec: la photo sociale sort de l'ombre

La photographie sociale a délaissé sa cachette virtuelle dimanche dans la capitale. Munis pour la plupart de leurs appareils-photos de prédilection - un téléphone... -, une poignée de membres d'Instagram ont participé très localement à une réunion internationale du populaire site d'échange de photos.
Ils sont plus de 100 millions sur la planète à croquer le monde dans le petit carré de leur lentille de téléphone intelligent. Des photographes professionnels, des passionnés de photos, ou des simples utilisateurs sans aucune prétention sérieuse.
Instagram est à l'image ce que Facebook est aux statuts sur l'humeur quotidienne. Un site de partages d'impressions - sans mot. Vous publiez votre photo, quelques mots clics. Rien de plus. Tout passe par le cliché.
À force de se parler par photos interposées, les membres du réseau social ont parfois envie de mettre des visages sur les photos. D'où les InstaMeet, des rencontres physiques, en chair et en os. Dimanche, les mordus de la capitale ont participé à la réunion mondiale - version Québec - au bistro La Cuisine, avant de plonger au coeur de la ville pour y faire - sans surprise - de la photo.
Dans ce groupe de photographes 2.0, Éric Beauregard (compte ericbeauregard). Un jeune homme qui ne gagne pas sa vie avec une lentille. Juste un curieux de la photographie, et un friand de vie sociale mégapixelisée. «J'aime beaucoup suivre le monde à Québec. C'est mondial comme site, mais j'aime beaucoup tout ce qui se passe à Québec», raconte-t-il. «Tu vois le quotidien, tu découvres des nouvelles places.»
Le quotidien photographié
La plateforme Web simple et rapide l'a toujours inspiré. «T'as toujours ton cellulaire avec toi; tu vois quelque chose, et ça n'a pas toujours besoin d'être léché, préparé.» Les photos publiées sur Instagram sont souvent banales et quotidiennes, tout en dégageant une beauté surprenante. Des photos de maisons inconnues, un déjeuner maison, la classique photo de chat... Suffit d'un cadre avantageux, d'un petit coup de pouce d'un filtre, et la magie opère.
Beaucoup sont devenus accrocs au réseau social, suivant assidûment - comme sur Twitter - des membres prolifiques ou inspirants. On y suit les inspirations photographiques des autres, souvent en temps réel.
Pour bien des photographes, Instagram est devenu un prétexte pour saisir sur le vif tout et rien à la fois. «En bout de ligne, je fais plus de photos», résume Éric Beauregard. «C'est intéressant de redécouvrir sa ville en photos.»
Pascal Audet (audet_pascal) a l'habitude des lentilles et des boîtiers. Mais quand il partage ses photos sur Instagram, il le fait la plupart du temps avec son téléphone. «J'aime bien me servir de mon cellulaire. C'est le fun de se limiter au défi de la photo mobile. C'est un défi de plus.»
Le passionné de photos apprécie le côté imprévisible du réseau.«C'est très spontané, mes idées», dit Pascal Audet. Surtout, le microbloguage photographique est à la portée de tous. «Il y a plein de gens qui essaient. C'est facile à comprendre comme application. C'est ça qui est sympathique, c'est le côté très facile d'utilisation.»
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Jean-François Frenette, une vedette locale
Comme tous les réseaux sociaux, Instagram a ses vedettes incontournables. Petit à petit, sans être connu du grand public, Jean-François Frenette a rallié pas moins de 40 000 personnes à ses clichés du quotidien.
Un peu à l'image de Twitter, n'importe qui peut vous suivre sur Instagram. Suffit de capter l'attention des autres avec des photos accrocheuses ou inspirantes.
Jean-François Frenette y est parvenu. «C'est vraiment petit à petit», raconte cette figure incontournable de la photo sociale dans la capitale.
À ses abonnés, il fait défiler des photos d'architecture, de nature, de maisons sans nom. Des images de sa création culinaire du moment. Rien de compliqué. «Personnellement, ça ne met pas de pression», dit-il à propos de ses 40 000 abonnés.
Spontanéité
Sans trop y penser, son oeil de photographe passe d'un sujet à l'autre. «Je le fais automatiquement : je me dis, ah oui, il faut que je sorte pour aller prendre telle ou telle chose... Ou il y a telle ou telle chose qui se passe.»
Le secret de la réussite dans cette jungle virtuelle? «Il faut avoir une certaine constance. Tout en étant spontané, arriver avec des nouvelles choses. Les utilisateurs qui ont les plus grosses communautés, ils postent tout le temps les mêmes choses.»
Jean-François Frenette n'alimente pas son fil de photos pour la gloire ou la reconnaissance. «La ville de Québec, ça me fait triper. Tout ce qui est urbain», dit-il.
Instagram prend du galon à Québec, assure-t-il. «La communauté prend de l'expansion.» Le réseau social gagne en popularité, car il est inclusif, selon Jean-François Frenette. «Ça peut être vraiment n'importe qui! Un des instagrammers les plus importants aux États-Unis, il est livreur pour une compagnie de médicaments. Ça n'empêche pas d'aimer la photo. C'est partout dans le monde, n'importe qui peut aimer la photo.»
Le Soleil fait par ailleurs partie de la grande famille de la photo sociale à Québec. Le compte @lesoleildequebec lance régulièrement des défis photographiques aux membres de la communauté à travers le Projet Clic et sa référence #clicquebec.