Monica Molano, 37 ans, ingénieure industriel

Ingénieurs du monde, bienvenue!

Selon Daniel Lebel, président de l'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ), il y a toujours eu une volonté d'attirer les professionnels formés à l'étranger, rareté des ressources oblige. Mais depuis 2008, un partenariat avec le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles du Québec a permis à cette volonté de devenir une pratique rigoureuse et organisée. Si bien qu'aujourd'hui, 10 % des membres inscrits à l'OIQ sont des ingénieurs qui ont obtenu leur diplôme à l'étranger.
«On veut bien accueillir ces professionnels et les attirer en toute transparence», relate M. Lebel. Un outil sur le site de l'OIQ - la Boussole - a été mis en service pour aiguiller ces ingénieurs qui veulent faire carrière au Québec. «C'est un outil d'accompagnement à utiliser avant leur départ, les ingénieurs intéressés voient immédiatement le processus qu'ils auront à suivre pour obtenir leur permis d'ingénieur ici», explique-t-il.
La Boussole permet d'indiquer aux candidats le temps approximatif qu'il leur faudra pour suivre d'éventuels cours de mise à niveau, le nombre d'examens que l'OIQ leur demandera de réussir, ainsi que le coût d'une telle procédure. «L'avantage de la Boussole, c'est que c'est du cas par cas», dit fièrement M. Lebel. Certains ingénieurs étrangers suivront un processus rapide - c'est principalement le cas quand ils proviennent d'un pays avec lequel le Québec a une entente (la France par exemple). S'il n'y a pas d'entente, le processus peut être plus ou moins long, mais peu importe la provenance de l'ingénieur, son dossier est étudié.
«Sur 1500 demandes d'équivalence, on en accepte 1400», calcule M. Lebel. «Et si les ingénieurs diplômés à l'étranger comptent pour 10 % des membres inscrits à l'OIQ, ça augmente, car pour les inscrits de 2011-2012, ils sont 20 %», se réjouit-il.
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Monica Molano (photo plus haut)
Monica Molano, 37 ans, est Colombienne. Elle a obtenu son diplôme d'ingénieure industriel dans son pays, en 2000. Québec a organisé des missions de recrutement en Colombie, ce qui a fait réfléchir Monica. «Chez nous, il y a de l'insécurité, du chômage, beaucoup de problèmes», indique-t-elle. Elle a donc décidé de faire le saut. Elle est arrivée à Québec en avril 2010. «J'ai suivi le processus d'immigration pour travailleur qualifié. Ça n'a pas été difficile, mais ça a été long», se souvient-elle.
La première nécessité a été d'apprendre le français dont elle ne comprenait rien auparavant. Elle a suivi des cours en Colombie dès qu'elle a pris la décision de s'expatrier.
Rapidement dans sa démarche d'immigration, ses qualifications en tant qu'ingénieure ont été évaluées par l'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ). Grâce à son diplôme et à son expérience, elle n'a eu qu'un examen sur cinq à passer. «Une chance», dit-elle en riant. Mais la réussite de cet examen a nécessité une longue préparation spécifique d'un an qu'elle a pu suivre grâce au Programme d'accès rapide à l'Ordre des ingénieurs du Québec (PAROIQ). C'est par le biais du centre RIRE 2000, un organisme dédié à l'insertion professionnelle des immigrants à Québec, que Monica a pu bénéficier du PAROIQ et ainsi suivre sa formation, être épaulée dans les démarches. Grâce à un partenariat avec Emploi Québec, le tout a même été payé par une autre bourse que la sienne. «On nous emmenait même à Montréal en bus pour passer nos examens», dit-elle, reconnaissante.
Aujourd'hui, Monica est inscrite à l'OIQ, elle est ingénieure junior. Elle travaille chez Éclairage Concept sur la Rive-Sud de Québec, un poste qu'elle n'a pas eu de difficulté à décrocher.
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Guilhermes Rattès,  31 ans, ingénieur électrique
Guilhermes Rattès
Guilhermes Rattès, 31 ans, arrive tout droit du Brésil, où il a obtenu son diplôme d'ingénieur électrique en 2007.
Il n'a pas encore son permis de l'OIQ, mais «toutes les démarches sont faites, je vais le recevoir très bientôt», se réjouit-il. Arrivé en mars 2011 à Québec, Guilhermes a pris un an pour apprendre le français et s'inscrire au PAROIQ, dont il a profité en 2012.
«J'ai suivi une formation de 10 mois pour préparer mes quatre examens. Je les ai réussis les quatre, j'ai reçu les résultats en décembre dernier», jubile-t-il. Même sans permis de l'OIQ, Guilhermes a été engagé par la Ville de Québec comme chargé de projet en télécommunication, emploi qu'il a obtenu grâce à une expérience similaire au Brésil.
Et même avec le permis en poche, Guilhermes va rester à ce poste, car il pense que cette qualification de plus va lui permettre de monter les échelons auprès de son actuel employeur.