En septembre dernier, la GRC avait accusé Farah Shirdon (photo) par contumace de plusieurs infractions, dont d'avoir quitté le Canada pour participer aux activités d'un groupe terroriste, d'avoir participé aux activités d'un groupe terroriste et d'avoir menacé le Canada et les États-Unis.

Information sur un présumé terroriste: Vice Media conteste une demande de la GRC

Un média canadien affrontera le gouvernement fédéral, lundi, dans le cadre d'une bataille juridique opposant la liberté de presse à la capacité des forces de l'ordre d'enquêter sur les actes terroristes.
Vice Media et son journaliste Ben Makuch veulent que la Cour supérieure de l'Ontario renverse une décision rendue par un tribunal inférieur les obligeant à remettre le matériel relatif à des entrevues réalisées avec un présumé terroriste à la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
Dans leur mémoire, Vice et M. Makuch affirment que les tribunaux ne devraient pas autoriser la police à recruter les reporters comme personnel d'enquête par le biais d'ordonnances de communication parce que cela risque de miner le rôle important joué par les médias, leur crédibilité et leur capacité à recueillir de l'information.
Il y a un an, le juge de la Cour de justice de l'Ontario Jack Nadelle avait ordonné au média en ligne de fournir le matériel utilisé par Ben Makuch pour écrire trois articles en 2014 concernant Farah Shirdon, un résident de Calgary, portant notamment sur le fait qu'il avait quitté le Canada pour se joindre au groupe armé État islamique. Les textes étaient basés sur des conversations que le journaliste a eues avec M. Shirdon grâce à une application de messagerie instantanée appelée «Kik Messenger».
La police soutient avoir besoin des renseignements pour rassembler encore plus de preuves contre le présumé terroriste. Le magistrat Nadelle a sommé Vice de donner à la GRC des versions intégrales des échanges avec Farah Shirdon ainsi que toutes les notes relatives aux moyens employés pour communiquer avec lui.
Menaces proférées
Né à Toronto, M. Shirdon, qui est âgé de 22 ans, est le neveu d'un ancien premier ministre de la Somalie et a déjà proféré publiquement des menaces contre le Canada et les États-Unis.
En septembre dernier, la GRC avait accusé le jeune homme par contumace de plusieurs infractions, dont d'avoir quitté le Canada pour participer aux activités d'un groupe terroriste, d'avoir participé aux activités d'un groupe terroriste et d'avoir menacé le Canada et les États-Unis.
«Il est dans l'intérêt de tous les membres du public, incluant les médias, que ces crimes fassent l'objet d'enquêtes et de poursuites», a indiqué le gouvernement fédéral dans sa présentation au tribunal.
Cette affaire rappelle le bras de fer dans lequel le FBI et Apple se sont engagés aux États-Unis, le premier tentant de forcer le second à pirater le téléphone de l'un des auteurs de la fusillade de San Bernardino, en Californie, qui a fait 14 morts et 22 blessés en décembre.