Le temps froid a compliqué le travail des pompiers, qui ont dû combattre les flammes toute la nuit pour sauver les immeubles voisins.

Incendie à Donnacona: une dizaine de résidants et de commerçants à la rue

Deux immeubles du Vieux-Donnacona ont été la proie des flammes dans la nuit de vendredi à samedi, jetant à la rue une dizaine de résidants et de commerçants.
Si on ne déplore ni morts ni blessés, les bâtiments, eux, ont été complètement détruits par l'incendie qui s'est déclaré vers 22h vendredi. Une quarantaine pompiers de Donnacona et de Cap-Santé ont dû combattre toute la nuit les flammes qui menaçaient de s'attaquer aux immeubles voisins. 
«C'est certainement le plus gros incendie que les pompiers aient eu à gérer jusqu'à maintenant compte tenu des conditions difficiles dans lesquelles ils se sont retrouvés. Il s'est fait tout un travail d'équipe!» commentait samedi matin le maire, Sylvain Germain, qui a passé plusieurs heures sur les lieux.
Le capitaine Denis Trépanier du Service des incendies de Donnacona confirme que le froid extrême a considérablement compliqué la tâche des pompiers. Les tuyaux qui couraient au sol figeaient rapidement sous l'effet du gel. Régulièrement, les vêtements des hommes devaient aussi être déglacés.
«Il reste encore de petits foyers que nous ne parvenons pas à éteindre parce que l'eau se solidifie avant qu'elle ne pénètre dans les décombres», rapporte le capitaine Trépanier, satisfait tout de même que l'ensemble des résidants - quatre ou cinq personnes - ait pu sortir à temps.
C'est la locataire de l'immeuble où le feu a pris naissance qui a appelé le 9-1-1 après avoir détecté une odeur inhabituelle. Selon toute vraisemblance, l'incendie aurait éclaté dans la toiture et serait d'origine électrique. De la fumée s'échappait de la frise à l'arrivée des pompiers, puis des flammes sont apparues.
Après l'ouverture du centre d'opération d'urgence de la Ville, à 23h30, les sinistrés ont été dirigés vers une salle communautaire où ils ont été pris en charge par la Croix-Rouge. Déjà, en fin de nuit, ils avaient tous été accueillis chez des parents et amis.
Une rencontre a eu lieu en après-midi pour connaître les besoins des personnes évacuées. Actuellement, les efforts se concentrent dans la recherche de logements abordables pour permettre aux familles de réintégrer promptement un chez-soi et de reprendre une vie normale.
«Autrement, il y a des gens qui laissent des messages à l'hôtel de ville pour offrir leur aide, mais il faudra voir ultérieurement de quelle manière ils pourront manifester leur générosité», ajoute le maire.
Commerçants touchés
Si 2014 s'amorce péniblement pour les quelques résidants qui occupaient l'étage des immeubles, les commerçants qui avaient pignon sur rue au rez-de-chaussée des deux édifices situés rue Notre-Dame, entre l'avenue Saint-Jacques et la rue de l'Église, commenceront également difficilement l'année. 
«Il faudra que je me relocalise. J'ai un bail alors j'attends de voir ce que fera le propriétaire. J'ai quand même été chanceux, car je suis assuré et j'ai été capable de récupérer les disques durs de mes ordinateurs», raconte Louis Pépin, qui avait son bureau de comptable depuis huit ans dans l'un des bâtiments.
Un salon de coiffure, une cordonnerie et le local d'un consultant ont aussi été rayés de la carte. La valeur des pertes matérielles n'a pas encore été chiffrée, mais on s'attend à ce que les dommages s'élèvent à plusieurs centaines de milliers de dollars.
À un an du centenaire
La perte d'une partie du patrimoine bâti dans la rue principale d'un vieux quartier apparaît toujours comme un mauvais coup du destin. À plus forte raison si l'on s'apprête à célébrer l'anniversaire de fondation d'une ville. «C'est un événement triste, puisque Donnacona enclenchera l'an prochain les festivités qui marqueront son centenaire. Il y aura certainement reconstruction, mais le quand et le comment restent à être déterminés», a exprimé le maire Sylvain Germain. Depuis de nombreuses années, les élus, appuyés par un comité de citoyens et différents intervenants, travaillent à la revitalisation du centre-ville. Tous les ans, l'endroit, qui s'est refait une beauté, accueille d'ailleurs le festival Donnacona au rythme du blues.  
Il s'agit du deuxième incendie majeur dans le secteur en moins de sept ans, puisqu'à l'automne 2007, à quelques mètres du lieu du sinistre, un feu avait ravagé l'ancien cinéma de Donnacona.