La vigueur du marché immobilier a encore tiré à la hausse la valeur des maisons de Québec, en particulier en 2010, quand le prix moyen résidentiel s'est accru de 11,8 %.

Immobilier: une solution efficace, mais risquée

Investir dans l'immobilier en prévision de sa retraite peut être une solution efficace, mais aussi très risquée à cause notamment des variations du marché.  Il est important de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier, estime un expert en finance chez SSQ Groupe financier.
Martin Bédard, vice-président régional, institutionnel et gestion privée chez SSQ Groupe financier affirme que <strong>«</strong>La meilleure solution est d'avoir de l'investissement dans de l'épargne retraite plus traditionnelle, comme un REER (le régime enregistré d'épargne-retraite), puis un peu d'immobilier à côté<strong>»</strong>
«L'immobilier peut être un bon placement pour la retraite, mais il ne faut pas oublier qu'il y a des risques inhérents à l'immobilier», affirme Martin Bédard, vice-président régional, institutionnel et gestion privée chez SSQ Groupe financier. «La meilleure solution est d'avoir de l'investissement dans de l'épargne retraite plus traditionnelle, comme un REER (le régime enregistré d'épargne-retraite), puis un peu d'immobilier à côté.»
Il y a deux possibilités d'investissement dans le secteur de l'immobilier. Tout d'abord, il y a l'achat d'une résidence - principale ou chalet : lorsqu'on vend sa maison à la retraite, on peut retrouver une certaine liquidité si la dette hypothécaire qu'il restait sur la demeure le permet. Deuxièmement, il y a l'investissement dans un immeuble à revenu.
Un placement risqué?
Mais pourquoi l'immobilier est-il un placement risqué? «Ces dernières années, l'immobilier a très bien fait», souligne M. Bédard. «L'immobilier est souvent acheté à levier, c'est-à-dire que les gens prennent une hypothèque pour acheter leur maison. Présentement, les taux d'intérêt sont bas, mais il y a une forte possibilité qu'ils montent à moyen terme. Lorsqu'on est à levier et que le marché va bien, on voit nos gains se multiplier rapidement, sauf que lorsqu'on est à levier et que ça va mal, le contraire est aussi vrai.»
Même si l'immobilier est acheté avec une perspective à long terme, même si dans les 20 dernières années l'immobilier a quand même bien fait, «ce n'est pas assuré que ça va bien faire pour les 20 prochaines», poursuit-il. «Il faut aussi tenir compte que l'immobilier est un placement moins liquide qu'un produit traditionnel- REER, CELI (compte d'épargne libre d'impôt). Il y a des coûts liés lors de l'achat ou de la vente d'une maison. Ce sont des coûts beaucoup plus importants que d'acheter des actions dans un REER. Il faut aussi garder en tête que ça ne se fait pas du jour au lendemain», vendre sa maison.
Fluctuation de la valeur
Un autre risque lié à l'immobilier est la fluctuation de la valeur des résidences. Ces 20 dernières années, le prix des maisons a grandement augmenté, mais rien ne dit que cela se poursuivra éternellement. «C'est un contexte différent, mais on a juste à regarder les États-Unis durant la crise financière. Le prix des maisons a chuté dramatiquement», donne M. Bédard à titre d'exemple. «On est peut-être mieux protégés, mais on n'est pas à l'abri.»
Aujourd'hui, ce n'est pas rare qu'on voie des gens avec plus de 50 % de leur actif dans leur résidence principale, conclut M. Bédard. «C'est tout à fait correct lorsqu'on regarde ça avec une perspective de maximiser l'utilité plutôt que d'essayer de maximiser uniquement le rapport rendement/risque du placement. Cependant, il est important d'acheter une maison dans ses moyens. Ce qui m'inquiète, c'est lorsque les banques prêtent beaucoup d'argent. Les taux d'intérêt sont bas et les gens ont tendance à utiliser leur marge au maximum pour s'acheter une plus grosse propriété.»
Pour sa part, l'économiste en chef chez Industrielle Alliance, Clément Gignac, affirme que pour utiliser l'immobilier comme véhicule de placement en prévision de la retraite, il faut vraiment avoir un horizon d'au minimum 10 à 15 ans. Il est préférable de ne pas uniquement miser sur l'immobilier pour la retraite et d'avoir, en complément, un REER ou un CELI.