Pauline Marois rejette toute comparaison avec la descente des policiers au siège social du Parti libéral du Québec (PLQ), l'été dernier.

Il n'y a pas eu de perquisition au PQ, martèle Marois

Rien ne permet de «présumer» que l'Unité permanente anticorruption (UPAC) s'apprêtait à mener des actions policières au Parti québécois (PQ) avant le déclenchement de la campagne électorale, se défend Pauline Marois.
Mercredi, la chef péquiste a dit avoir été informée par le directeur général du PQ, Sylvain Tanguay, d'une rencontre «informelle» avec deux enquêteurs de l'escouade Marteau en février. Elle ne l'a pas rendue publique à la demande de l'UPAC. 
«On ne l'a pas caché, puisqu'on nous avait demandé de ne pas en parler, a déclaré Mme Marois. Il s'agissait d'une rencontre pour aller chercher de l'information sur la façon dont nous fonctionnons dans le financement de notre formation.»
Elle rejette toute comparaison avec la descente des policiers au siège social du Parti libéral du Québec (PLQ), l'été dernier. «On va faire la différence, a-t-elle lancé. Une perquisition indique qu'il y a eu une demande faite à un juge pour aller chercher les documents, que les personnes soient d'accord ou non pour les fournir. C'est le PLQ qui a été perquisitionné suite à une demande à un juge, on ne parle pas de la même chose pour le PQ.»
Mercredi, La Presse a écrit que l'UPAC s'apprêtait à mener des actions policières au PQ, «comme par exemple une perquisition», mais qu'un frein aurait été mis à l'opération en raison du contexte électoral. 
«Les informations que j'ai, c'est que de l'information a été demandée à notre parti politique, a dit Mme Marois. Jamais de plus que cela. Et vous ne pouvez présumer» que d'autres actions allaient être menées. 
À l'UPAC, la porte-parole Anne-Frédérick Laurence confirme qu'il est possible que les sergents aient demandé à taire la rencontre. «On n'a pas avantage à parler publiquement de nos enquêtes», a-t-elle fait valoir. 
400 000 $ envolés
De son côté, le chef du PLQ a affirmé en point de presse que sa formation n'a pas la moindre idée où se sont envolés les quelque 400 000 $ recueillis en une seule activité. «Il n'y a pas de traces de cette activité dans les livres du parti, de quelque façon que ce soit.»
Philippe Couillard a dit qu'il s'en remet à l'UPAC, qui a révélé l'affaire, pour porter des accusations, le cas échéant. Mardi, a-t-il indiqué, il s'est limité à demander une simple vérification interne. «Nous n'avons pas d'autres renseignements.»
Le libéral s'est moqué du député-ministre sortant de Borduas, Pierre Duchesne, qui a porté plainte au DGE sur cette affaire qui fait encore l'objet d'une enquête à l'UPAC. Le «soldat du salissage» a rencontré les médias le jour même «où on apprend que l'UPAC a visité le Parti québécois. C'est assez ironique».
Tout en maintenant son refus de se dissocier du gouvernement de Jean Charest sur les questions d'éthique, M. Couillard s'est montré irrité d'être attaqué sur la question de l'intégrité et d'entendre que son équipe est semblable à celle de son prédécesseur. «Je suis un peu tanné d'entendre ça.»
«D'abord, ce n'est pas un problème d'avoir des gens expérimentés. Mais le renouveau, à très haut niveau de compétence, il est là», a-t-il plaidé même si 18 de ses candidats ont été ministres sous M. Charest.
M. Couillard a cependant renié un ancien organisateur de haut vol de Jean Charest. Marc Bibeau ne «joue plus aucun rôle». Le chef libéral a affirmé ne pas savoir s'il est encore membre de sa formation. 
Avec Michel Corbeil