Le barrage McCormick, à l'entrée ouest de Baie-Comeau, appartient à Hydro-Québec à 60 % et à Alcoa à 40 %.

«Il faut qu'on se réapproprie le barrage», dit le candidat péquiste dans René-Lévesque

Le candidat du Parti québécois dans René-Lévesque, Marjolain Dufour, s'engage à demander à Hydro-Québec qu'elle cède en tout ou en partie ses parts dans la Compagnie hydroélectrique Manicouagan afin notamment que Baie-Comeau puisse attirer des investisseurs avec de l'électricité à bon prix.
Depuis 2009, la société d'État est propriétaire à 60 % de cette compagnie, qui possède un barrage et une centrale de 325 mégawatts sur la rivière Manicouagan, à l'entrée ouest de Baie-Comeau. Elle a acquis ces parts d'AbitibiBowater, aujourd'hui Produits forestiers Résolu, au coût de 625 millions $. L'autre portion de 40 % appartient à la multinationale Alcoa.
L'effet pervers de cette transaction est que la municipalité de Baie-Comeau a perdu 1,7 million $ annuellement en revenus de taxation puisque Hydro-Québec ne paie pas de taxes foncières sur ses barrages. «Il faut qu'on se réapproprie le barrage [...] et qu'on récupère des taxes foncières», a lancé le péquiste. Si Hydro accepte de céder des parts, la Ville pourra donc à la fois récupérer des revenus «et être capable d'attirer des entreprises pour son développement économique», a enchaîné le député sortant, qui affirme avoir été interpellé par la Ville dans ce dossier.
Développer la région
Le maire de Baie-Comeau, Claude Martel, a refusé de s'avancer dans les détails, mais il a néanmoins rappelé que le barrage McCormick devait servir au développement économique de la région et que la Ville devait trouver le moyen de récupérer une partie du 1,7 million $ que lui rapportait l'équipement. «On s'est fait avoir royalement dans ce dossier», a ajouté le maire, qui veut «récupérer cet avantage économique qu'on avait».
Selon M. Dufour, en développant cette idée, une grande entreprise qui aurait besoin d'électricité pour s'établir pourrait acquérir, par exemple, 5 ou 10 % des parts d'Hydro dans la Compagnie hydroélectrique Manicouagan et avoir de l'énergie à moins d'un cent le kilowatt-heure, le tarif payé par l'autre copropriétaire du barrage, Alcoa. Il s'agirait là d'un avantage indéniable pour la région.
Le député sortant assure que ce dossier n'a rien à voir avec l'éventuelle venue dans la région d'une usine de silicium métallurgique de FerroAtlantica. Marjolain Dufour indique que même si l'entreprise espagnole n'a pas décidé dans quelle ville québécoise elle établira son usine, elle s'est déjà entendue avec le gouvernement sur les tarifs d'électricité.