House of Cards est un thriller politique de Beau Willimon adapté d'une série britannique de 1990: l'histoire d'une cruelle, mais ô combien passionnante et souvent ingénieuse vengeance d'un homme politique déterminé à devenir vice-président.

House of Cards: noires ficelles du pouvoir

«Que la boucherie commence.» Cette phrase, qui clôt la bande-annonce de la tant attendue deuxième saison de la série House of Cards donne le ton sur la suite de l'impitoyable vengeance de Francis Underwood. Dire qu'on croyait que la «boucherie» était déjà commencée...
Or, si on se fie à la bande-annonce de la série qui sera de retour le 14 février, exclusivement pour les abonnés du diffuseur en ligne Netflix, on n'a encore rien vu des sinistres desseins de ce Frank Underwood. Le formidable Kevin Spacey incarne ce représentant au Congrès américain frustré de ne pas avoir été nommé secrétaire d'État, comme lui avait pourtant promis le président qu'il a aidé à faire élire. Et la vengeance sera terrible.
C'est ça, House of Cards, thriller politique de Beau Willimon adapté d'une série britannique de 1990 : l'histoire d'une cruelle, mais ô combien passionnante et souvent ingénieuse vengeance d'un homme politique déterminé à atteindre son but : devenir vice-président. Sur la route du pouvoir, «pavée d'hypocrisie», il fera tout pour emmerder, discréditer, humilier, voire éliminer ceux qui se dressent sur son chemin. On retient particulièrement un jeune élu à la vie déjantée qui devient une véritable marionnette entre les mains d'Underwood, qui le fait allègrement chanter. Les politiciens qui croient encore que vie privée et vie publique font deux devraient prendre des notes...
On aime détester ce Francis Underwood, à la fois le roi et le joker de cette série sur le pouvoir et la manipulation au pays de la politique et des médias. En ce sens, même si House of Cards se déroule dans les coulisses de la Maison-Blanche, la série devrait plaire aussi à ceux qui sont moins férus de politique tant le thriller nous garde en haleine.
House of Cards est-elle une sombre démonstration du cynisme politique, comme l'ont déploré certains détracteurs? Oui. Ultracynique, même.
Mais la série possède aussi quelques intrigantes nuances de gris surtout amenées par la conjointe d'Underwood, Claire. Robin Wright est belle et troublante dans le rôle de cette femme à la tête d'une importante ONG environnementale, elle aussi prête à tout. Mais même si elle apporte un soutien indéfectible à son mari, avec qui elle forme un couple sans enfants dans lequel les escapades extraconjugales sont tolérées, la femme porte une forme de nostalgie, de fragilité laissant présager des développements dans la deuxième saison.
Quatrième pouvoir
Zone grise aussi, et peut-être un minimum d'antidote au cynisme total : le rôle des médias. La première saison brosse un portrait peu reluisant du journalisme, ce «quatrième pouvoir» incarné par la jeune et ambitieuse journaliste Zoe Barnes (Kate Mara) qui entretient une liaison avec Frank Underwood en échange de scoops. Mais derrière son apparente naïveté, la jeune reporter pourrait bien ébranler le plan machiavélique d'Underwood.
Enfin, House of Cards, c'est aussi de savoureuses citations du personnage de Kevin Spacey, maître de la violence psychologique, qui arrive à rendre le spectateur complice de ses basses oeuvres en s'adressant directement à la caméra.
On adore ces «confessions» d'un décapant humour noir qui nous rappellent qu'au final, tout ce qui se déroule sous nos yeux est un jeu finement orchestré. Un jeu dans lequel notre «héros» joue méthodiquement chacun de ses atouts en espérant voir le château de cartes s'écrouler. Et ça ne fait que commencer...