Le palais de justice de Québec

Homicide involontaire: Myrko Kvist écope de 10 ans

Myrko Kvist, reconnu coupable de l'homicide involontaire de Linda McInnis le 4 janvier 2013 à Québec,  écope d'une peine d'emprisonnement de 10 ans.
Myrko Kvist
Tête baissée, l'homme de 40 ans a écouté la décision sur la peine rendue par la juge Chantal Pelletier. Il n'était pas seul à être attentif. Plusieurs proches de la défunte, dont sa fille, Catherine Chénier, étaient présents.La Cour a retenu le fait que le geste de l'accusé se rapproche davantage du meurtre que de l'accident pour déterminer la peine à imposer. La défense réclamait cinq à huit ans tandis que la Couronne souhaitait une peine de 15 ans.
Le 4 janvier 2013, Kvist discute avec Mme McInnis dans le corridor des Alcôves du Palais, un immeuble de condominiums où ils habitent près des bretelles de l'autoroute Dufferin. La victime, alors légèrement vêtue, l'invite à entrer chez elle. Kvist interprète faussement ce geste comme une invitation de nature sexuelle. Il lui prend un sein. Linda McInnis le gifle et crie. L'accusé panique, l'empoigne à la gorge et tombe au sol avec elle. La quinquagénaire décède par strangulation.
Le magistrat souligne que Kvist a perpétré son crime au moment où il menait une vie débridée. Il abusait de l'alcool et de la sexualité. Il avait d'ailleurs bu du vin avant de commettre l'irréparable. Une situation qui a contribué à la commission de l'infraction.
Après son crime, l'inculpé a transporté le corps enveloppé dans un drap jusque dans un stationnement près de la rue Canardière. Il a nettoyé la scène du crime et a jeté les clés de l'auto de Mme McInnis ainsi que sa sacoche. Il a abandonné le véhicule plus loin.
Ce sont là, pour la juge Pelletier, des facteurs aggravants. «Il a agi de façon calculée pour cacher son crime», dit-elle. Évidemment, elle tient compte de l'impact sur la famille immédiate qui vit encore de l'angoisse, de la colère, de la tristesse et de la détresse.
Les proches de la victime n'ont pas voulu s'adresser aux médias à la sortie du tribunal. Par la voix du procureur au dossier, Me Daniel Bélanger, ils ont toutefois félicité le travail policier qui a permis de régler une affaire qui aurait pu prendre une tout autre tournure.
En fait, ce n'est qu'une semaine plus tard après le meurtre qu'un proche a signalé la disparition de Mme McInnis. La disparition était d'autant plus étonnante que la femme menait une vie tranquille. Elle partageait son temps entre son travail et son chalet en Beauce.
«La police a mis ce dossier sur le dessus de la pile. Il a été traité en priorité. L'enquête a demandé un travail exhaustif et des ressources énormes ont été mises en branle», explique le procureur.
De fait, Kvist a été interpellé avant que le corps ne soit découvert. Il a été arrêté le 12 février 2013, mais ce n'est que le 22 mars qu'il accompagnera les policiers jusqu'à l'endroit où il avait caché le corps.
Myrko Kvist a aussi reçu une peine d'un an consécutive à sa peine pour homicide, concernant une accusation de fraude contre son ancien employeur, l'entreprise Beenox. Responsable du traitement de la paye, il avait eu l'idée, entre janvier et juin 2012, de réactiver des dossiers d'ex-employés afin d'émettre des chèques à son nom. Il prenait soin chaque fois de retourner dans le système effacer le dossier d'employé. Kvist a ainsi détourné un peu plus de 15 000 $.