Alex Harvey a terminé 19e du 15 km style classique d'Otepää, dimanche.

Harvey 19e du «gros entraînement»

Place aux choses sérieuses! Dans une course aux allures d'échauffement avant le grand jeu, Alex Harvey a terminé 19e du 15 km style classique d'Otepää, dimanche, la dernière épreuve d'ici le début des Mondiaux de ski de fond, jeudi, à Lahti.
Car malgré l'importance de chaque rendez-vous pour le classement général de la Coupe du monde, les meilleurs fondeurs de la planète se préparent d'abord pour les Championnats du monde depuis le début de la saison. «Le but du week-end, c'était vraiment de faire deux derniers gros entraînements», a d'ailleurs souligné Harvey, dimanche matin, en parlant des deux courses disputées en Estonie.
L'athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges se sent d'attaque. Il y a deux semaines, il a fait une croix sur des épreuves en Corée pour parfaire sa préparation en vue du plus grand rendez-vous de la saison. Il s'est soumis à un camp d'entraînement dans les Alpes - une dizaine de jours en Italie, une semaine à Davos.Alex Harvey a terminé 19e du 15 km style classique d'Otepää, dimanche
Une approche identique à celle de 2015, avant les derniers Mondiaux. À Falun (Suède), Harvey avait brillé avec deux podiums et un autre top 5 dans les épreuves individuelles. «L'avantage d'avoir plusieurs années d'expérience sur le circuit, c'est qu'on se rappelle des choses qui ont fonctionné, des choses qui ont moins bien fonctionné, alors on essaie toujours de répéter la bonne routine et de l'améliorer un peu chaque fois», a-t-il expliqué.
La comparaison avec 2015 sera donc inévitable à l'issue des six épreuves qui s'étalent sur 11 jours, en Finlande. «L'objectif, c'est un podium, lance Harvey sans détour. C'était ça aussi à Falun, mais j'avais dépassé les attentes un peu. Mais je sais que c'est possible d'avoir deux, trois podiums si tout va vraiment bien. À Falun, on avait les meilleurs skis et la forme était vraiment bonne. Tous les éléments étaient tombés en place. C'est sûr que je vais être déçu si je reviens sans podium. Et on est à un an des Jeux olympiques, c'est un peu une pratique générale pour ça», a-t-il ajouté.
Pour éviter l'épuisement, Harvey laissera sans doute tomber le 15 kilomètres style classique, épreuve identique à celle de dimanche, en Estonie. Ses chances de médaille y sont moindres, analyse-t-il. «C'est là où j'ai eu le moins de bons résultats en carrière. Et ce n'est pas le parcours qui m'avantage le plus. Personne ne va faire les six courses, de toute façon.»
Harvey connaît bien la piste de Lahti pour y avoir skié de nombreuses Coupes du monde. Des résultats en dents de scie, toutefois. Quelques contreperformances, mais aussi un podium en 2012. Et de bien meilleures sensations dans la deuxième moitié de sa carrière. Certaines des configurations de la piste jouent à son avantage, croit-il. Que ce soit le long faux plat à l'approche du stade ou le sprint, plus long que la moyenne.
Ça commence jeudi, avec le sprint en question. D'ici là, le repos est de mise. «La seule chose que tu peux [mal] faire, c'est de ne pas assez te reposer», dit même Harvey.
Sundby trop fort
Dimanche, en Estonie, le Québécois a franchi la ligne d'arrivée en 42 minutes 28,2 secondes, soit 1 min 50 sec derrière le gagnant, Martin Johnsrud Sundby. C'est d'ailleurs en suivant le champion norvégien pendant un temps qu'Harvey en a trop donné. Après un excellent premier tour, le Québécois s'est retrouvé près de Sundby au début du deuxième. Ce dernier commençait alors sa course. «En skiant avec lui pendant 2,5 km, je suis passé de 11e à 5e, donc ça m'a vraiment mis dans le rouge. Et après ça, j'ai vraiment cassé. [...] Je savais pas à quel point il allait être fort aujourd'hui.»
Au final, Sundby s'est donné une immense avance de 37,1 secondes sur son dauphin, le Finlandais Iivo Niskanen. Le Norvégien Hans Christer Holand a complété le podium, 49,1 secondes derrière son compatriote.
Au classement cumulatif de la Coupe du monde, Harvey conserve la quatrième place grâce à 740 points. Sundby demeure impérial avec 1448 points.
Chez les femmes, la Norvégienne Marit Bjoergen a remporté le 10 kilomètres en 29:59, 26 secondes devant la Suédoise Charlotte Kalla et 57 devant une autre Norvégienne, la meneuse de la Coupe du monde Heidi Weng.