Stephen Harper a notamment profité de son passage à En mode Salvail pour interpréter au clavier Let It Be des Beatles et... Quand le soleil dit bonjour aux montagnes. 

Harper «en mode glacial» chez Salvail

Ce n'est pas à En mode Salvail que Stephen Harper allait se mouiller le plus en pleine campagne électorale. Jeudi soir, le premier ministre conservateur a choisi le talk-show de V pour accorder une de ses rares entrevues à la télé québécoise.
Alors qu'il refuse systématiquement d'aller à Tout le monde en parle, M. Harper s'est prêté volontiers aux questions inoffensives d'Éric Salvail, beaucoup moins cabotin qu'à son habitude.
Devons-nous nous surprendre que, même dans un contexte de talk-show, le premier ministre sortant n'était pas plus chaleureux qu'à son habitude? «Mon style est que je me concentre sur des choses sérieuses. [...] Je ne suis pas ici pour devenir une personnalité, ce n'est pas ma job», a-t-il dit à Éric Salvail, riant timidement des blagues de l'intervieweur.
L'animateur lui a notamment parlé de ses cheveux, de ses enfants, qui l'accompagnent pour la première fois en campagne, et des parties de Xbox que M. Harper dispute avec son fils Benjamin. «Il me détruit chaque fois», a-t-il dit. Puis, Éric Salvail a fait remarquer au premier ministre qu'on entend «érection» lorsqu'il parle d'élection. «Je peux dire que c'est une longue élection», a blagué Stephen Harper, en indiquant la longueur avec ses mains.
D'Harmonium aux Beatles
Dans un rare moment où il a été question de politique, M. Harper n'a pas voulu dire ce qu'il ferait en cas de défaite lundi soir prochain. Il a affirmé entretenir de bonnes relations avec les autres chefs, malgré ce qu'il y paraît.
Quand l'animateur a demandé à son invité s'il écoutait de la musique francophone, Stephen Harper s'est limité à dire qu'il avait déjà eu un disque d'Harmonium dans sa jeunesse. Il s'est ensuite exécuté au clavier en interprétant Let It Be des Beatles et Quand le soleil dit bonjour aux montagnes. Pas un moment transcendant, nul besoin de le dire. Si au moins ça avait été drôle.
Pour clore la rencontre après la prestation, Éric Salvail a imploré Stephen Harper de ne pas couper en culture, ce à quoi il a répliqué en levant la main, l'air de dire que ces coupes n'existaient pas.
Stephen Harper, qui ne se pointe habituellement que chez des animateurs de radio qui le louangent et qui refuse d'accorder une entrevue à Céline Galipeau à ICI Radio-Canada Télé, sort-il gagnant en acceptant de se présenter dans un talk-show à quelques jours des élections?
Pour ce qu'on a vu jeudi soir, assurément non.