Sun Leads Me On, Half Moon Run

Half Moon Run: plus terre à terre, plus diversifié ***1/2

CRITIQUE / En 2012, la formation Half Moon Run, alors à ses débuts, signait un album qui allait la propulser autour du globe. Plus de 300 concerts plus tard, ce n'est plus tout à fait au même groupe qu'on a affaire.
Ça s'entend très bien sur Sun Leads Me On. Les Montréalais ont en effet pris un indéniable aplomb et troquent l'intériorité, de même que les envolées éthérées, pour une approche plus terre à terre, sans doute attribuable à l'expérience de scène. Au chant, Devon Portielje est particulièrement brillant, tandis que ses comparses viennent compléter ses lignes avec des harmonies invariablement riches, des guitares sobres ou grinçantes et des rythmiques syncopées. La bande s'intéresse à une folk rétro, au rock avec un souci d'expérimentation (superbe The Debt, avec des teintes r'n'b), tout comme à la pop. Half Moon Run sait tirer son épingle du jeu et offrir un produit soigné, toutefois, dans l'ensemble, Sun Leads Me On n'a peut-être pas l'unité et la fraîcheur de son prédécesseur. Un album de transition, qui compte assurément plusieurs moments forts.