Guy A. Lepage

Guy A. Lepage défend les choix de TLMEP

Le calendrier arrêté pour les entrevues des chefs à Tout le monde en parle (TLMEP), qui recevra Pauline Marois moins de 24 heures avant le scrutin, est la meilleure formule dans les circonstances, estime l'animateur Guy A. Lepage.
Dimanche, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a déclaré qu'il est «certain que ça pose un problème» que l'entrevue de Mme Marois soit diffusée la veille du vote.
«Est-ce qu'on aurait dû avoir deux candidats par émission? demande-t-il. Ce n'est pas pour rien que le PQ [Parti québécois], qui avait le premier choix, a choisi la veille du scrutin. C'est sûr que ce n'est pas idéal.»
Comme l'a écrit Le Soleil, l'équipe de TLMEP a offert aux chefs de parti la priorité dans le choix des dates disponibles en fonction de leur succès à la dernière élection. Or, comme la plage du dimanche 23 mars est bloquée par la soirée des Jutra, il a fallu répartir les chefs jusqu'au 6 avril. C'est le moment qu'a choisi le Parti québécois pour l'entrevue de sa chef.
Par le passé, l'émission a pratiquement toujours pris soin de laisser une semaine entre la dernière entrevue d'un chef et le vote. «Mais là, on ne l'avait pas ce tampon-là», explique Guy A. Lepage. Le jour du déclenchement, seuls quatre dimanches étaient utilisables.
Des discussions ont eu cours sur la meilleure façon de procéder, explique-t-il. Avoir deux chefs à la même émission aurait pu inciter certains à décliner l'invitation, créer des confrontations non voulues sur le plateau ou des situations difficiles à gérer. Il a finalement été décidé que les chefs seraient reçus individuellement.
Quant à la priorité dans le choix des dates, TLMEP a toujours procédé de la même manière, explique M. Lepage. «Si on s'était mis à changer nos façons de faire, là, il y en aurait eu pour dire qu'on essayait de favoriser quelqu'un», poursuit-il.
L'animateur insiste pour dire que, peu importe l'ordre dans lequel ils ont été interviewés au fil du temps, les chefs invités à l'émission ont obtenu des résultats différents.
Quiconque cherche une forme de complot politico-médiatique dans cette histoire est, selon l'appréciation de M. Lepage, un «hostie de cave». Pauline Marois sera interrogée avec la même rigueur que tous les premiers ministres sortants qui ont défilé sur le plateau, assure l'animateur, qui n'a jamais caché ses convictions souverainistes.
«Il n'est pas question de lui donner une free ride», assure M. Lepage.
Candidats «vedettes»
L'équipe de TLMEP mènera des discussions avec la direction de Radio-Canada pour évaluer la possibilité d'inviter d'autres candidats «vedettes» comme Gaétan Barrette ou Pierre Karl Péladeau pendant la campagne.
De son côté, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, ne ressent pas de malaise à se présenter sur le plateau de Tout le monde en parle la veille du scrutin. «Ce sont des dates proposées par Radio-Canada et on a choisi cette date-là, tout simplement.»
Aux côtés de Mme Marois, se trouvait sa recrue-vedette Pierre Karl Péladeau, l'ex-patron de Québecor, qui en a souvent décousu avec Radio-Canada.
«Monsieur Péladeau, pensez-vous que vous allez être invité?
- Écoutez, a-t-il lancé avec un sourire entendu, je ne veux rien présumer du tout.»
Avec Michel Corbeil