D'étoiles, de pluie et de cendres Guillaume Beauregard

Guillaume Beauregard: le refuge

Mettant à profit la pause que s'offre ces temps-ci Vulgaires Machins, formation punk-rock dont il est le chanteur et le guitariste, Guillaume Beauregard ralentit la cadence et baisse le ton avec un premier album solo très personnel.
L'auteur-compositeur-interprète qui nous a habitués à une plume dénonciatrice et à un franc-chanter ne délaisse pas son regard mordant, qu'il oriente d'ailleurs souvent vers lui-même. Entre l'autocritique et une vulnérabilité affichée, Beauregard ne se ménage pas. Et le constat qu'il brosse sur la société n'est pas plus rose qu'avant : un titre comme Coeur noir, notamment, propose par sa thématique et sa prosodie un pont entre l'univers de Vulgaires Machins et celui plus propre à Beauregard.
Là où le musicien nous amène ailleurs, c'est dans sa volonté d'apporter de la douceur, des nuances lumineuses et de l'amour à ses tableaux. Si le monde est tout croche, il trouve un refuge dans l'intimité, illustre-t-il en somme. L'accalmie s'exprime en musique dans des arrangements soignés, parcourus d'harmonies vocales, de lignes cuivrées et d'orgue B3. Clins d'oeil seventies et effluves rétro ajoutent profondeur et chaleur à l'ensemble.
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La pièce qu'on écoute en boucle
De pluie et de cendres: pour la construction tout en contrastes et la puissance du refrain. 
La pièce qu'on évite
Aucune, vraiment. Les chansons Inévitable ou Au fond de ma cave sont certainement les plus sombres, mais elles se déploient musicalement de belles manières. À éviter si on se sent seul et déprimé, peut-être...