Le skieur de fond Guido Visser a participé aux Jeux de Nagano en 1998. L'ex-athlète olympique de Saint-Ferréol-les-Neiges est à Sotchi en qualité d'entraîneur de sa femme, la Brésilienne Jacqueline Mourao.

Guido Visser, l'homme aux trois passeports

«On était au Japon, si on avait tourné les feuilles à l'envers, j'aurais été premier», lance Guido Visser, en référence à sa dernière place aux Jeux de Nagano (1998) dans les épreuves de 30 et 50 km.
Il était à Sotchi en qualité d'entraîneur de sa femme, la Brésilienne Jacqueline Mourao, qui a participé à deux épreuves en biathlon, où elle a fait 76e et 77e sur 84, et une autre en ski de fond, où elle a terminé 65e sur 67.
«Sa meilleure chance de finir dernière, c'était au sprint individuel de ski de fond. Elle a battu deux filles. Jacqueline est déçue, mais je n'arrête pas de lui que c'est bien», racontait le traducteur en ingénierie de Saint-Ferréol-les-Neiges.
Guido s'est efforcé de garder son sérieux dans l'aventure olympique de sa conjointe. «On me reproche d'être trop rigolo, j'essaie de faire les choses correctement. Elle était ici pour performer, ce n'était pas juste une blague», disait-il en multipliant les histoires olympiques.
Préparation en Suisse
Il faut savoir que Jacqueline en était à une cinquième présence aux Jeux, trois d'hiver et deux d'été, en vélo de montagne. La dame originaire de la troisième ville en importance du Brésil (Belo Horizonte) est désormais une personnalité sportive en vue là-bas.
«Dans son pays, elle s'en vient une légende. Elle a égalé le record de participations aux Jeux, c'est pour ça que le comité national lui a demandé de porter le drapeau lors de la cérémonie d'ouverture. Moi, j'étais derrière et je filmais tout ça. Il y avait 70 journalistes brésiliens pour 13 athlètes à Sotchi. Pour trois minutes de sprint, la semaine dernière, elle a donné trois heures d'entrevue», racontait-il avant de quitter la Russie.
Le couple a passé trois mois en Suisse pour se préparer en prévision des Jeux en compagnie de leur fils et de la belle-mère de Guido. Ils reviennent à Québec, même si le mal du pays la tenaille souvent.
À 38 ans, l'heure de la retraite n'a pas encore sonné pour la dame. La tenue des Jeux olympiques à Rio de Janeiro, en 2016, l'inciterait à s'y qualifier encore en vélo de montagne.
«Quand le Brésil a obtenu les Jeux, elle n'y pensait pas trop, mais là, ça approche. Dans le fond, c'est comme si Marie-Hélène [Prémont] apprenait que les Jeux avaient lieu au Mont-Sainte-Anne dans deux ans, elle serait tentée de les faire. J'ai vu des chartes qui disent que les marathoniennes atteignent leur sommet à 35 ans, et qu'à 49 ans, elles n'ont perdu que 15 % de leurs capacités aérobiques. J'estime qu'elle a aussi le potentiel pour aller aux Jeux de Pyeongyang, en 2018.»
«Un bizarre d'accent»
Guido Visser possède trois passeports pour parcourir le monde, un canadien, un européen - il est d'origine hollandaise - et un brésilien. Pour ce dernier, il a dû montrer qu'il maîtrisait un peu le portugais, la langue du pays.
«Le plus comique, c'est en Turquie. Quand tu arrives dans le pays, tu dois t'acheter un visa sur place. Ça coûte 35 euros si t'es Canadien, 15 si t'es Européen, mais c'est gratuit pour les Brésiliens. Alors o.k., je vais prendre celui-là. En Russie, les gens du Brésil n'en ont pas besoin», expliquait celui qui avait attiré l'attention de l'ancien skieur alpin suisse Didier Cuche. «Il a un bizarre d'accent, le Brésilien...», lui avait-il lancé en l'apercevant.
«Si ce n'était pas du Canadien, elle n'aurait jamais participé aux Jeux d'hiver», répondait Guido, sans aucune malice.
À Sotchi, il n'a pas eu à déjouer la sécurité pour accéder aux sites comme à Turin, où il n'avait pas d'accréditation. En 2006, il s'était déguisé en Brésilien, tandis que cette fois-ci, il en était un, mais avec un franc-parler bien de chez nous!@CHRONIQUE-texte 1er para Sports:En marchant vers le stade de ski de fond, une bénévole lui demande son autographe. «Vous êtes champion du monde?» lui demande-t-elle, crayon et calepin à la main. Vêtu de la combinaison du Brésil, il sourit et... signe son nom.