Selon la conseillère Anne Guérette et Marie-Claire Rochon, dont le fils a été tabassé sur la Grande Allée, cette avenue est le théâtre de beaucoup de violence.

Guérette veut plus de policiers sur Grande Allée

La conseillère municipale indépendante Anne Guérette souhaite que la police de Québec renforce sa présence sur la Grande Allée, afin de mieux encadrer la sortie des bars, pour éliminer le plus possible les confrontations physiques et limiter le bruit causé par les fêtards.
La conseillère du quartier Vieux-Québec-Montcalm dit qu'à la suite de rencontres effectuées avec certains groupes de résidants du secteur de la Grande Allée, plusieurs ont dénoncé le bruit excessif causé par les fêtards à la fermeture des débits de boisson.
«Les citoyens se plaignent notamment du fait que les gens retournent à leurs voitures stationnées dans les rues et qu'ils sont dérangés par les bruits provoqués par la fermeture des portières et la forte musique émanant des voitures, explique Mme Guérette. Une plus grande présence policière pourrait être une partie de la solution à ces problèmes de bruit.»
Cette dernière a aussi été sensibilisée à la situation après avoir discuté avec une mère de famille, Marie-Claire Rochon, dont le fils de 25 ans a été tabassé sur la Grande Allée, dans la nuit du vendredi 18 décembre au samedi, près des Voûtes Napoléon. Mme Guérette dit avoir parlé avec la conseillère d'Équipe Labeaume Chantal Gilbert, qui lui aurait aussi rapporté deux cas d'agressions physiques qui seraient survenus récemment sur la Grande Allée. À cela s'ajoute l'agression qu'a subie Kevin Parent dans la nuit du 12 au 13 février, toujours sur la Grande Allée.
Problème de violence
«Il semble y avoir un problème de violence sur la Grande Allée, avance Mme Guérette. Dans ce contexte, j'aimerais qu'on mette sur pied un projet-pilote avec la police par lequel on ajouterait des forces policières sur la Grande Allée pour une période déterminée. Si les résultats étaient positifs, nous pourrions garder en place ces effectifs supplémentaires.»
Jointe au téléphone vendredi, Mme Rochon dit que son fils a été transporté à L'Hôtel-Dieu de Québec par les policiers après avoir été intercepté sur un trottoir la tête en sang. Il a subi une commotion cérébrale et reçu des points de suture. La victime avait passé la soirée avec des amis, mais était seule au moment des faits allégués.
«Mon garçon ne se rappelle rien de ce qui s'est produit, mais les marques au visage qu'il avait semblent démontrer qu'il a été la cible d'une agression physique, souligne-t-elle. Comme mon garçon ne se rappelle rien, il n'a pas porté plainte à la police, car il ne sait pas du tout qui s'en serait pris à lui.»
Mme Rochon demande donc, comme la conseillère municipale, d'augmenter la présence policière sur la Grande Allée. Elle est aussi au courant du cas des deux autres personnes qui auraient été agressées sur la Grande Allée, histoires qui ont été rapportées à Mme Guérette par la conseillère Gilbert. «Avec l'affaire de Kevin Parent, plusieurs personnes ont tenté de minimiser ce qui s'était passé en disant que c'était un cas isolé. Avec ce qui est arrivé à mon fils et les deux autres cas, je ne comprends pas pourquoi on tente de cacher le problème.»
Présence suffisante
Du côté de la police de Québec, on n'a pas l'intention pour le moment d'ajouter des effectifs supplémentaires sur la Grande Allée. On rappelle qu'une escouade parcourt déjà cette artère «pratiquement tous les soirs» afin de mieux contrôler les fêtards. «On estime que, pour le moment, la présence policière qu'on a sur la Grande Allée permet de répondre aux besoins», a indiqué le relationniste de la police de Québec, François Bouchard.
Le son de cloche est le même du côté du copropriétaire du bar le Maurice, Philippe Desrosiers. «Les policiers font un excellent travail sur la Grande Allée, et je ne crois pas qu'en ajouter d'autres changerait quoi que ce soit. On est loin des problèmes de Montréal, où les disputes se règlent à coups d'arme à feu.»