L'étoile montante du jazz Gregory Porter donnera son premier spectacle au Palais Montcalm vendredi.

Gregory Porter: un Grammy, une casquette et un passe-montagne

L'étoile montante du jazz Gregory Porter aura quelque chose de nouveau quand il donnera son premier spectacle au Palais Montcalm vendredi. En plus de son éternelle casquette Kangol vissée par-dessus un passe-montagne, le chanteur aura en poche son premier prix Grammy, remporté il y a quelques semaines pour son dernier album, Liquid Spirit.
«C'est un sentiment extraordinaire que de remporter un Grammy!» déclare le natif de la Californie en entrevue téléphonique au Soleil au sujet du prix du meilleur album de jazz vocal, une catégorie où il se frottait à des vétérans comme Andy Bey et Lorraine Feather de même qu'à la jeune Cécile McLorin Salvant.
«Un tel prix, ça augmente ma confiance en mon écriture, en la façon dont je vois le jazz, c'est-à-dire en m'inspirant de mon histoire personnelle pour créer des chansons», commente-t-il.
Le petit gramophone doré a également eu un impact sur les ventes de billets pour ses spectacles. «Je suis à Knoxville, au Tennessee, aujourd'hui et je me suis fait dire que les ventes avaient énormément augmenté après que j'aie eu gagné le prix.»
Succès tardif
Même si le succès lui arrive à l'âge de 42 ans alors qu'il chante depuis déjà 20 ans, Porter estime qu'il est encore jeune dans son domaine musical. «Tu sais, je suis trop vieux pour la pop, j'ai l'âge parfait pour le soul et je suis encore jeune pour le jazz», philosophe-t-il. «Ceci étant dit, j'ai toujours gardé les pieds sur terre et je suis fier de ma carrière.»
Il avoue avoir grandement apprécié le fait de travailler avec l'équipe de la célèbre étiquette Blue Note Records pour Liquid Spirit. «Ils sont fantastiques. Je n'ai eu aucune pression, j'ai toujours eu leur appui, peu importe ce que je voulais faire. Je sens qu'ils ont confiance en moi car ils me disent : "Fais ce que tu as le goût de faire".»
Et ce qu'il a le goût de faire, c'est de la musique pour rejoindre tous les publics, un jazz qui flirte parfois avec le soul ou même le gospel, un souvenir de l'époque où il chantait dans la chorale de l'église où sa mère était pasteur.
«Des chansons comme Musical Genocide et Liquid Spirit sont une conversation à propos de l'industrie musicale. La musique, je crois qu'il faut la laisser être ce qu'elle est, ne pas essayer de la manipuler ou de mettre des barrières de style et de démographie. Moi, je crois que mon public, ce sont les gens de 19 à 70ans», explique-t-il.
La spiritualité demeure aussi toujours présente dans l'oeuvre de Porter. «Je ne parle pas nécessairement d'une religion spécifique, mais c'est vrai que j'ai le désir d'élever l'esprit humain. Une chanson comme When Love Was King peut s'appliquer autant au christianisme qu'à l'hindouisme, l'islam ou le judaïsme. C'est le respect mutuel, l'importance d'être bon avec les autres.»
Belle tête
Par ailleurs, Porter s'amuse toujours de répondre aux questions des médias concernant son accoutrement particulier. «Ah! Le mystère du couvre-chef de Gregory Porter! C'est devenu ma marque de commerce. Je suis reconnu partout à travers le monde à cause de ce que je porte sur ma tête!» affirme-t-il en rigolant.
Celui qui porte le combo passe-montagne-casquette depuis 2006 avoue toutefois ne pas se souvenir de la façon dont il a imaginé ce style. «Je ne sais pas! J'ai essayé ça, je trouvais ça cool et je me sentais bien car c'était une journée de printemps et qu'il faisait un peu froid», se souvient-il. «Ça me protège de l'air conditionné et des températures en bas de zéro.»
***************
Du ballon ovale à la note bleue
Même s'il chante et qu'il est un passionné de musique depuis son plus jeune âge, c'est d'abord à une carrière sportive que Gregory Porter se destinait avant qu'une blessure à l'épaule ne vienne changer son destin.
«J'ai toujours joué au basketball et au football en plus de faire de la course sur piste. Je me démarquais au football et j'avais même obtenu une bourse afin de joindre les Aztecs de l'Université de San Diego State», explique Porter qui, on le devine par ses six pieds quatre pouces et ses 255 livres, s'alignait comme secondeur extérieur.
«Ma carrière au football a pris fin aussi rapidement qu'elle avait débuté. Je n'ai joué que quelques matchs et j'ai subi une importante blessure à l'épaule qui a mis fin à mes espoirs de jouer éventuellement au football professionnel», poursuit celui qui ne garde toutefois aucune amertume quant à cette malchance.
«Je me dis que tout arrive pour une raison et que ça m'a permis de me libérer du temps pour la musique. Mais ça s'est fait graduellement, je n'ai quand même pas sauté de mon uniforme de footballeur pour aboutir sur une scène!» illustre-t-il.
Chez les Aztecs, il a pu côtoyer quelques joueurs qui ont connu des carrières intéressantes dans la NFL. «Je socialisais avec des gars comme Marshall Faulk [ex-porteur de ballon des Rams de St. Louis et des Colts d'Indianapolis] et Darnay Scott [ex-receveur de passes des Bengals de Cincinnati et des Cowboys de Dallas] mais ça fait longtemps que je n'ai plus de contact avec eux. Je me suis immergé totalement dans la musique et, maintenant, mes amis sont des bassistes et des saxophonistes!» conclut-il.
*****************
Vous voulez y aller?
Qui : Gregory Porter
Où : Palais Montcalm
Quand : vendredi 21 février, 20h
Billets : 43 $
Téléphone : 418 641-6040