Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc

Grands domaines de Sillery: Bolduc comprend la grogne

Le Parti québécois a tourné le dos à ses électeurs en autorisant la construction de condos sur des terrains patrimoniaux de Sillery, dénonce le candidat libéral dans Jean-Talon, Yves Bolduc.
«Les gens qui veulent protéger le patrimoine ont raison d'être choqués contre le Parti québécois», soutient le député libéral sortant de la circonscription, Yves Bolduc. «Ils avaient garanti aux gens qu'ils protégeraient, et qu'il n'y aurait pas de développement. Ils ont viré leur capot de bord, comme dans beaucoup de dossiers.»
L'ancien ministre de la Santé sous Jean Charest en veut aux péquistes d'avoir donné le feu vert au projet Woodfield, dans un boisé historique longeant le cimetière Saint-Patrick. «Le Parti québécois disait dans la dernière élection qu'ils bloqueraient tout. Et ce sont eux qui ont autorisé la construction de condos, même à l'encontre des recommandations qui avaient été faites», rappelle Yves Bolduc.
Faut-il interdire toute construction sur ces grands domaines patrimoniaux de Sillery? Yves Bolduc préfère un «certain développement, mais de façon très contrôlée». Il est inconcevable pour lui de toucher au patrimoine. «Et surtout, laisser accessible la plus grande part des terrains, qui peuvent être réaménagés pour que la population puisse en profiter.»
Le candidat sollicite un troisième mandat dans Jean-Talon, un château fort libéral depuis 1965. Depuis son saut en politique en 2008, Yves Bolduc admet avoir observé une certaine métamorphose de sa circonscription. «Comme médecin, je le vois. C'est une clientèle plus âgée que la moyenne du Québec», dit-il.
Quartier en mutation
Depuis quelques mois, des voix se sont élevées pour décrier le blocage de projets immobiliers dans Sillery. Des commerçants d'artères commerciales s'inquiètent de l'essoufflement du quartier. «Moi, je vis au coeur de Sillery. Je suis à trois coins de rue des centres d'achat, à deux coins de rue de l'université. C'est pas ça qu'on voit. C'est un quartier qui est train de se renouveler», avance Yves Bolduc. «On voit beaucoup de jeunes familles dans mon comté. Ça, j'embarque pas dans cette évaluation-là, de dire que c'est un quartier qui perd de la vie.»
Il embarque toutefois dans le train de tous ceux revendiquant une meilleure circulation automobile sur les grands axes routiers donnant accès à Sainte-Foy. «Ce que les gens veulent, c'est de la fluidité», prétend le politicien. «Il y en a qui, idéologiquement, ne voudraient pas qu'il y ait une seule auto qui passe dans Québec. Il faut faire attention. L'auto est là pour rester à Québec.»