Le slameur français Grand Corps Malade a eu une nouvelle preuve samedi soir que son étoile est loin d'avoir pâli à Québec.

Grand Corps Malade: des mots qui sonnent

Un poète accueilli (presque!) comme une rock star, capable autant de faire hurler ses fans que de captiver une immense foule avec des vers déclamés a capella. Le slameur français Grand Corps Malade a eu une nouvelle preuve samedi soir que son étoile est loin d'avoir pâli à Québec.
Avant qu'il n'ait mis les pieds sur la scène, place D'Youville affichait complet et le public débordait largement dans la rue Saint-Jean. Vrai qu'on peut difficilement trouver un artiste plus rassembleur dans les thèmes qu'il aborde.
S'inspirant de son parcours et de ses épreuves, prônant l'espoir, l'amour et la tolérance, Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade, a parfait l'art de faire naître les rimes à partir du quotidien. Il est débarqué samedi avec le spectacle inspiré de son dernier album, Funambule, dans une mise en scène inspirée du théâtre, à l'image du titre qui ouvre le disque. Disons qu'il a poussé (trop?) loin le concept : les musiciens sont devenus les premiers rôles, le public a hérité du rôle de soutien, le début du spectacle a été baptisé le premier acte...
Le slameur a heureusement abandonné ce cadre en cours de route. Il n'en avait de toute manière pas besoin pour tenir place D'Youville au creux de sa main. Jouant avec brio les animateurs de foule, faisant rigoler avec un monologue inspiré des questions de son fils, revisitant à la sauce blues le «classique» Ma tête, mon coeur et mes couilles, Grand Corps Malade ne peine aucunement à faire lever le party.
Mais c'est encore davantage sa capacité de susciter une écoute quasi religieuse qui force l'admiration. On aurait pu entendre une mouche voler pendant les segments a capella ou les titres plus intimistes. Ce n'est pas peu dire pour un spectacle extérieur gratuit, alors que les badauds déambulent à deux pas.
Unique Klô Pelgag
En début de soirée, la colorée Klô Pelgag s'est fait un point d'honneur de prouver une nouvelle fois combien elle est unique en son genre.
Vêtue d'un costume de squelette, l'auteure-compositrice-interprète et ses musiciens (un batteur et un quatuor à cordes) a entraîné le public de place D'Youville dans son monde, fait de chansons trempées dans le surréalisme et savamment orchestrées.
La voix agile et les notes du piano aussi, elle a alterné entre les livraisons musicales précises et les présentations drôlement décousues. Après s'être produite pour une première fois au FEQ sur l'heure du midi, elle s'est dite contente de revenir à 18h30. «Mais je convoite le 21h ou le minuit!» a-t-elle ajouté. En espérant qu'il y avait un programmateur à l'écoute!