Grand Corps Malade: coup de foudre réciproque

Dès la parution de son premier album, en 2006, Grand Corps Malade s'est imposé comme l'ambassadeur - et la locomotive - de la scène slam française. Et le Québec n'a pas résisté à la vague. Ces temps-ci, le populaire rimeur multiplie les visites de notre côté du monde : trois festivals québécois cet été et une tournée prévue pour l'automne. Avant un retour en salle au Grand Théâtre le 26 septembre, il offrira ce soir les titres de son dernier album, Funambule, et quelques «classiques» sur la scène de place D'Youville.
<p>Grand Corps Malade a participé jeudi au spectacle hommage à Félix Leclerc sur la grande scène des plaines d'Abraham, en ouverture du Festival d'été. </p>
Q Vous avez vite été adopté par le public québécois. Le coup de foudre a-t-il été réciproque?
R Oui, vraiment. J'ai été très touché par l'accueil du public dès que je suis monté sur une scène. C'est très bizarre d'écrire des textes chez toi, sur ta petite table, en banlieue parisienne... Et quand tu arrives à 6000 km de chez toi, il y a des gens qui t'applaudissent avant même que tu aies pris la parole. [...] Le public québécois est plus réactif que le public français. Ça, c'est très agréable sur scène. Les Français vont être très à l'écoute et peut-être faire beaucoup de bruit entre les textes. Les Québécois peuvent applaudir ou siffler pendant un texte. Moi, j'aime bien. Il y a de la vie! Un concert, je ne vois pas ça comme un mec sur scène et des gens dans le noir. Il y a plein de moments où on essaie de créer cette espèce de convivialité où on discute avec le public, où on va le chercher. Ici, c'est très agréable de faire ça!
Q Vous avez participé au spectacle hommage à Félix Leclerc en ouverture du Festival d'été. Le connaissiez-vous bien avant?
R Je le connaissais évidemment un petit peu. Je connaissais Le p'tit bonheur et je sais à quel point il a posé son empreinte ici et en France aussi. Mes parents avaient un disque de Félix Leclerc, mais je ne connaissais pas bien son oeuvre. [Quand on m'a invité], sur le principe, je n'étais pas contre, mais je me demandais un peu ce que je pouvais faire. On m'a envoyé des propositions de textes que j'ai trouvé superbes. Ça m'a semblé naturel. Et puis moi, il y a une phrase que j'aime bien dire et c'est "on ne refuse pas la scène". Si on me propose de venir faire un texte, en plus à Québec, je n'ai pas de raison de refuser!
Q Est-ce étrange de quitter vos propres textes pour emprunter ceux des autres?
R Ce n'est pas évident. Dans le slam, il y a cette tradition qui veut qu'on interprète le texte qu'on a écrit soi-même. Mais j'ai déjà repris des textes d'Aznavour, de Renaud et là, de Félix Leclerc. Quand le texte est bien écrit, c'est naturel de le déclamer en slam. À partir du moment où le rythme est déjà là, ça paraît presque évident.
Q Et à l'inverse, qu'est-ce que ça vous fait d'écrire pour d'autres comme pour Céline Dion sur son dernier album?
R C'est particulier, c'est un autre exercice. Mais j'adore faire ça, notamment pour des gens qui sont très différents de mon univers. Je pense pouvoir dire sans prétention que Céline Dion et moi, on est aux antipodes! C'est un défi, mais c'est un honneur. Quand tu entends pour la première fois tes paroles dans la voix de Céline Dion, c'est quelque chose!
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Vous voulez y aller?
Qui : Grand Corps Malade
Quand : samedi à 21h30
Où : place D'Youville
Accès : gratuit
Info. : infofestival.com
L'élimination des Bleus sur le coeur
Grand Corps Malade a commencé son séjour à Québec dans la déception. Ce grand fan de soccer n'avait pas l'intention de rater le match de quarts de finale de la Coupe du monde opposant la France à l'Allemagne. Le slameur français avait choisi l'endroit par excellence pour savourer le match, se rendant au bar la Ninkasi de la rue Saint-Jean, bondé aux deux étages par des Français de Québec et autres partisans des Bleus. Sauf que la France a été blanchie 1-0 par l'Allemagne.
«Je suis vraiment déçu», a-t-il lancé au Soleil, quelques instants après le dernier coup de sifflet. «On a joué un très mauvais match», a poursuivi l'auteur. Son moral affectera-t-il sa performance prévue ce soir au Festival d'été de Québec? «Je vais m'en remettre!» a-t-il promis, en affichant cette fois-ci un large sourire. Fabien Marcaud, alias Grand Corps Malade, est un inconditionnel du football. Mais il donne un concert le 13 juillet, jour de finale au mythique stade du Maracana. «La finale avant le concert!» se réjouit-il toutefois. Samuel Auger