Le principal défi de Lévis, ces prochaines années, indique le maire de la ville Gilles Lehouillier sera de maintenir l'équilibre entre le développement et la qualité de vie.

Gilles Lehouillier : Lévis connaît une poussée de croissance à encadrer

«Malgré son développement fulgurant ces dernières années, Lévis est resté un grand village où tout le monde se connaît et tout le monde met l'épaule à la roue», indique le maire Gilles Lehouillier, lorsqu'on lui demande ce qui fait de Lévis une ville où il fait bon vivre.
Depuis les années 80, il fut tour à tour conseiller municipal, directeur régional au ministère des Affaires municipales et des Régions et député provincial avant de briguer la mairie de Lévis en 2013.
La ville a littéralement triplé depuis une douzaine d'années. «La richesse foncière uniformisée, c'est-à-dire tout ce qu'on possède sur notre territoire, était à 5 milliards $ en 2002. Aujourd'hui, on est rendu à 16 milliards $», explique le maire. Un millier d'unités d'habitation s'ajoutent chaque année, ce qui génère de 4 à 5 millions $ de revenu supplémentaire pour la Ville en taxes municipales.
Plus de besoins
Plus de citoyens signifie aussi plus de besoins : cet argent est donc réinvesti dans les services et les infrastructures. M. Lehouillier a toutefois coupé de moitié les investissements du programme triennal d'immobilisation à son arrivée en poste. «On voulait en faire un exercice permanent, avec une vision d'ensemble le plus près possible de la réalité, plutôt qu'un fourre-tout. Chaque fois qu'on investit 2 millions $, c'est 1 % de plus sur le compte de taxes et sur un budget total de 239 millions $, ça monte vite», indique le maire. Regrouper les services, miser sur les projets rassembleurs pour la famille et la communauté et impliquer le privé lorsque c'était possible, notamment pour la construction du nouvel aréna de Saint-Romuald, entièrement financé par des entreprises, ont fait partie des mesures privilégiées.
Il n'était toutefois pas question de couper dans l'aide accordée aux 300 organismes lévisiens. «La pire erreur à faire pour une ville, surtout avec les périodes un peu plus difficiles qu'on connaît, est de laisser tomber les organismes. On les soutient contre vents et marées, on ne coupe pas les budgets, on les indexe. Ils sont notre force», soutient le maire.
L'implication bénévole des citoyens, notamment pour entraîner les équipes sportives, renforce par ailleurs le sentiment d'appartenance des citoyens à leur milieu de vie. «Imaginez, on a 5000 jeunes qui jouent au soccer. On ne pourrait pas y arriver sans bénévoles», note-t-il.
Lehouillier prône un leadership d'ouverture, en complémentarité avec Québec. «Le Centre Vidéotron, le PEPS, c'est magnifique! On se réjouit de ce qui arrive aux autres. On entre dans une nouvelle manière de faire de la politique municipale et ça attire les investisseurs», allègue-t-il, rappelant que Lévis est en situation de plein emploi.
Glaces et piscines
Le principal défi de Lévis, ces prochaines années, sera de maintenir l'équilibre entre le développement et la qualité de vie. «Avec un nouvel aréna à venir dans l'Est, on aura neuf glaces intérieures fonctionnelles dans quelques années. On va pouvoir répondre à tous les besoins de nos jeunes», donne en exemple le maire.
La construction du complexe aquatique avec une piscine semi-olympique et un bassin familial permettra de mieux desservir les citoyens de l'ouest de la ville. «Il nous manque à peu près 4 à 5 millions $ sur un projet de
28 millions $, ce qui permettrait d'inclure des locaux communautaires», précise Lehouillier.
La maire voit Lévis comme un réseau de villages pittoresques, vivants et dynamiques, à relier entre eux, ce qu'il s'appliquera à faire ces prochaines années, notamment en reliant les
10 grands parcs urbains par des pistes cyclables.