Gérald Cyprien Lacroix en compagnie sa mère, Brigitte, et de son père, Raymond, à la basilique Saint-Pierre de Rome le 22 février.

Gérald Cyprien Lacroix: des racines beauceronnes!

Même s'il a quitté son village natal de Saint-Hilaire-de-Dorset à l'âge de huit ans pour aller vivre avec sa famille à Manchester (É.-U.), le nouveau cardinal de Québec, Gérald Cyprien Lacroix a conservé ses racines en Beauce.
<p>Réunis par<i> Le Soleil </i>pour parler du cardinal : Céline Bilodeau, Pierre-Olivier, Jacob, Jérôme, Christiane, Marc-Antoine et Édith Lacroix. </p>
<p>Chez les Lacroix, fin de l'année 1966. À l'avant, première rangée : Yvan, Gérald (aujourd'hui cardinal), François, Richard, Marie, Marcel, Réjean, Claude, Pierre. Deuxième rangée : Victoire, les grands-parents Cyprien et Régina Goulet, Monique. Troisième rangée : Lucie, Benoît, Carmelle, Évangelist, Jérôme, Conrad, Diane, Mariette, Fernand, Pauline, Suzanne, et les parents du cardinal, Raymond et Brigitte Laurendeau. </p>
Dans ce village, d'agriculture et de foresterie, où vit une centaine de personnes, s'y trouve son «vieux mononcle», Jérôme, et une tante, Céline, qui gardent de beaux souvenirs du jeune Gérald, devenu aujourd'hui l'un des trois plus jeunes cardinaux de l'Église catholique dans le monde.
Gérald Cyprien Lacroix, qui aura 57 ans à l'été, est l'aîné d'une famille de sept enfants.
Chez les Lacroix, on raconte que Gérald était un enfant comme les autres, un élève studieux, piqué d'une vive curiosité.
«C'est un homme simple, sans prétention. Un homme de parole, généreux et bon, qui savoure la vie avec une bonne pointe d'humour. Sa véritable passion est d'être toujours le plus près possible des gens», entend-on au sujet de celui que le nouveau pape vient d'élever au rang de cardinal.
Ici, autour de la table, peu importe le titre ou le nom composé, pour Céline et ses filles, Christiane et Édith, ou pour les petits-enfants de Jérôme, Jacob, Marc-Antoine et Pierre-Olivier, on affirme avec fierté et tendresse que «Gérald, c'est Gérald».
«Il est toujours souriant», lance le jeune Jacob.
Un rire franc
Gérald Lacroix a fait ses études aux États-Unis. Après une absence de 20 ans, il est de retour au Québec pour y diriger la Maison du Renouveau avec l'Institut Pie X, à Québec. Puis, ordonné prêtre en 1988, l'actuel archevêque de Québec part en mission en Amérique du Sud.
Comme en Colombie Gérald est un nom de famille, son deuxième prénom, Cyprien, du nom de son grand-père et parrain, est greffé au sien. Dès lors, là-bas il devient «Cypriano».
«Après avoir passé 10 ans à l'utiliser, il l'a conservé. Ce sont ses racines et pour nous, à vrai dire, ni le nom, ni le titre, ni l'habit ne changent quoi que ce soit», affirme l'oncle Jérôme.
Christiane dépeint son cousin comme un bon vivant qui adore jaser, écouter et discuter avec les gens. «Il y prend un vif plaisir. Il est ouvert aux autres et surtout, jamais il ne juge», dit-elle. «Oui, il aime parler et s'il peut rire... c'est encore mieux!» ajoute le «vieux mononcle» du cardinal.
Personne ne s'étonne donc de le voir s'esclaffer avec le pape François, car même en espagnol, il a toujours le bon mot pour rire.
«Les évêques auxiliaires n'ont probablement pas d'autre choix que d'avoir du plaisir. Avec lui, la joie, c'est contagieux», renchérit sa tante Céline avant que le petit Marc-Antoine, lui, ne s'inquiète de la tournure de l'entrevue.
«Gérald est contagieux?» demande-t-il sous le regard amusé de toute la maisonnée.
À coup sûr, le cardinal Lacroix, qui a hérité du charisme et de l'humour de sa grand-mère Régina, propage la joie de vivre.
«Avec lui, les choses peuvent être sérieuses, mais rien n'est compliqué. Chaque problème a sa solution. Même si on le rencontre pour la première fois, on a l'impression de le connaître depuis toujours», précise sa cousine Édith.
Une tâche à sa mesure
Lors de son passage à la cabane à sucre à Saint-Hilaire, l'oncle de l'archevêque de Québec lui a un jour demandé si la tâche qui lui incombait n'est pas trop lourde, stressante.
«Il a répondu que lui, il faisait ce qu'il pouvait. Que pour l'impossible, le bon Dieu s'arrangerait avec ça», se souvient Jérôme.
«Gérald a la foi. Il fait confiance. Il a l'étoffe d'un Beauceron. C'est un leader, un rassembleur, un visionnaire. Il est déterminé et suit son chemin», ajoute Christiane.
Ses proches, y compris ses parents Brigitte et Raymond, ses soeurs et frères, lui souhaitent la santé pour accomplir sa mission apostolique et réaliser pleinement sa vie. «Nous souhaitons à Gérald de nous voir souvent», dit Christiane avec un large sourire et un clin d'oeil qui en disent long sur ces liens tissés serrés des Lacroix.
Chaque printemps, son vieil oncle l'attendra au «camp».
De surcroît, à Saint-Hilaire-de-Dorset, on garde espoir que le cardinal et primat de l'église canadienne sera des fêtes qui marqueront, en août, le centenaire de son village.
En un mot
Cardinal ›
Le titre de cardinal est avant tout honorifique. Bien que ceux qui le portent aient le mandat primordial d'élire les papes et de conseiller celui en fonction, il n'implique intrinsèquement aucun changement de fonction. Les cardinaux peuvent participer à l'administration de l'Église catholique, tout en continuant d'exercer leurs responsabilités propres. Mgr Lacroix aura donc l'opportunité d'accroître son rôle au sein de l'Église catholique, et ce, en demeurant archevêque de Québec. Camille B. Vincent
Source : l'historien Jean-Marie Lebel