Gaston Lepage a non seulement prêt. sa voix au coq, mais aussi au Dr Milot.

Gaston Lepage, un coq plus vrai que nature

Lorsque les acteurs qui font les voix du Coq de Saint-Victor se sont réunis pour une générale avant d'entrer en studio, un personnage important n'avait pas encore été attribué : le coq en question. Gaston Lepage a puisé dans sa propre expérience pour se glisser dans la peau de la volaille et livrer son chant retentissant!
À sa sortie du Conservatoire, l'acteur de 64 ans est parti vivre à la campagne. «Je prévoyais ne pas trop faire d'argent», dit-il en riant. D'où l'idée d'un poulailler avec son coq «pour stimuler mes poules». Mais le pauvre «était complètement déphasé». À chaque fois qu'une auto passait dans le rang, il «partait pour une bonne demi-heure». «Je ne dormais plus, ça n'avait pas d'allure. Jusqu'au moment où je l'ai enfermé [la nuit] dans la cabane à chien en barrant la sortie avec une planche de plywood. Il était en train de me ruiner la santé. Après trois mois, j'ai fait un don», rigole-t-il.
Gaston Lepage était loin de se douter qu'il faisait son apprentissage pour incarner un coq dans un film d'animation! Et que les gens de la production allaient «trouver ça très drôle». La chose l'a pris par surprise puisqu'il était là pour créer la voix du docteur de Saint-Victor. Et qu'il a très peu d'expérience en doublage.
«La difficulté, c'était qu'il ne fallait pas reconnaître la voix humaine. Mais, en même temps, c'est un coq qui passe par beaucoup d'émotions. Dans ses onomatopées, il fallait reconnaître une certaine intériorité parce qu'on l'humanise. C'était pas évident surtout parce qu'il y avait beaucoup d'actions rapides. On a essayé plusieurs choses jusqu'à ce qu'on soit contents.»
Contrairement aux autres acteurs qui ont enregistré leur voix à l'aveugle, Gaston Lepage a eu le loisir d'ajouter sa voix sur les images du long métrage lorsqu'il est retourné en studio. Pas le choix : «il y avait des ajouts au scénario. On a beaucoup ri. Je pensais même perdre la voix parce je suis allé chercher des aigus que je ne soupçonnais pas.»
Finalement, tout s'est bien passé et il se dit très satisfait du résultat. «Je ne me reconnaissais pas [dans les cris du coq]. Y a-t-il quelque chose de mieux?»
L'acteur, souvent vu chez Arcand et Forcier, a beaucoup aimé la liberté de création que lui procurait au début du processus le fait d'enregistrer sans avoir le film sous les yeux. Bien sûr, les acteurs avaient vu des dessins et avaient une idée de leur personnage. Malgré tout, «on pouvait faire à peu près ce qu'on voulait. Le film était fait sur le son et non le contraire. On n'était pas obligé de suivre les labiales de quelqu'un d'autre.»
Peut-on écrire que Gaston Lepage est fier comme un coq?
<p>Mariloup Wolfe a dû créer de toute pièce la voix de Marcelline sans trop savoir à quoi ressemblait le personnage!</p>
Un saut dans l'inconnu pour Mariloup Wolfe
Mariloup Wolfe commence à avoir l'habitude de prêter sa voix à des personnages de films d'animation. Elle a même été Barbie dans Histoires de jouets 3. Mais Le coq de Saint-Victor s'est avéré une autre paire de manches puisqu'elle ne doublait pas une voix existante. L'actrice devait créer de toute pièce la voix de Marcelline - sans trop savoir à quoi ressemblait le personnage!
«C'était vraiment différent. Pour La légende de Sarila [de Nancy Florence Savard, la productrice du Coq], il y avait déjà la voix en anglais. Là, c'était plus abstrait et difficile. J'avais toutes les options. Mais je ne voulais pas refaire la même voix [que Sarila] pour lui prouver que j'étais une bonne actrice, rigole-t-elle. J'ai essayé plein de choses. Les animateurs se sont bien amusés ensuite.»
Tellement que son personnage est devenu plus «comique» que la femme de 36 ans se l'était imaginée. Notamment parce que Marcelline mange tout le temps. Mais aussi parce que Mariloup Wolfe avait seulement une vague idée d'où elle s'en allait.
Elle avoue franchement ne pas s'être préparée pour enregistrer ses dialogues. «C'était très spontané, même si le réalisateur nous guidait.» La production avait réuni les acteurs pour qu'ils puissent interagir. «C'était intéressant pour donner le ton. On cherchait un peu tout le monde, par essais et erreurs. J'étais bien contente de ne pas avoir la première réplique et de voir où les autres s'en allaient», confie la blonde enjouée.
Mariloup Wolfe a pu constater le résultat lors de la première à Québec, il y a une semaine. «Les couleurs sont flamboyantes. J'ai aimé la trame sonore qui nous guide tout au long. Ce n'est pas un film verbeux, c'est plus l'image qui nous parle. Et j'aime bien la morale du film : je trouve ça beau.»
La mère de famille est très fière du résultat. «C'est ce que les enfants veulent voir. Il ne faut pas juste encourager les Américains. Ça prouve qu'on est capable de faire un bon produit.»
De quoi inspirer la réalisatrice (Les pieds dans le vide, 2009). Après ses deux grossesses et ses rôles à la télé, elle confie avoir des projets personnels en développement au grand écran. Autant devant que derrière la caméra, «mais plus en arrière».