Les Galápagos, paradis perdus, offriront des images extraordinaires à l'équipe de Maxime Jean.

Galápagos: à la découverte d'îles historiques

Montrer les Galápagos au-dessus et au-dessous du niveau de la mer et voir s'il est possible de concilier tourisme et conservation dans un environnement aussi fragile et précieux, c'est le but que Maxime Jean espère atteindre au moyen de la caméra.
Le tourisme sur les îles est surveillé de près. Aucune nourriture n'est permise sur la cinquantaine de sites accessibles aux visiteurs.
«L'éloignement protégeait ces îles, dit-il, mais maintenant l'accès est de plus en plus facile. Aujourd'hui, ce ne sont plus les pirates ou les baleiniers qui menacent les Galápagos; la principale menace vient du tourisme. Et maintenant, avec le tourisme d'aventure, les gens peuvent aller n'importe où, à l'Everest, au pôle Sud, au sommet du Kilimandjaro comme aux Galápagos.»
Entre 2000 et 2005, le nombre de visiteurs a pratiquement doublé, à plus de 120 000 personnes. Mais le tourisme n'est pas la seule menace sur les Galápagos. Les espèces venues de l'extérieur constituent une menace constante con­tre laquelle on a érigé un système de protection.
Voir une carte des îles Galapagos ici
D'ailleurs, en 2006, après des années de travail et des millions de dollars en investissements, on est parvenu à éradiquer tout le cheptel d'ânes et de chèvres de l'île de Santiago et de presque toute l'île d'Isabela. L'impact sur ces écosystèmes a été remarquable.
«On veut montrer comment le tourisme se pratique là-bas, dit Maxime Jean. Il est interdit d'apporter de la nourriture avec soi quand on débarque sur une île, juste de l'eau. Les repas se prennent sur le bateau et on dort sur le bateau pour limiter l'impact sur le territoire.»
La fascination des Galápagos
Quand il a planifié son tournage, Maxime n'avait pas anticipé l'effet «Darwin» de 2009. On vient en effet de souligner le 200e anniversaire de naissance de Charles Darwin et le 150e anniversaire de la publication de L'origine des espèces. «On en a beaucoup parlé, convient-il, mais il reste quand même de l'intérêt d'après nous. Les Galápagos, c'est mythique et peu de gens auront jamais la chance d'y aller. On sait que c'est loin, que c'est un paradis perdu et préservé, mais cela dit, on n'en connaît pas beaucoup plus.»
Le tournage prendra un mois et l'équipe a décidé de se concentrer sur les trois ou quatre principales îles, pour couvrir 90 % de la faune et de la flore, avec quelques courtes excursions sur les petites îles.
«On aura une base dans un hôtel, mais Olivier [son guide] s'assure qu'on ait accès à une connexion Internet en expédition, pour sauvegarder les images qu'on aura tournées, et qu'on ait l'autorisation de dormir sous la tente à certains endroits.»
On peut donc s'attendre à voir des images des îles de San Cristóbal, de Santa Cruz, d'Isabela et de Santiago.
Même s'il est avant tout alpiniste, Maxime Jean est aussi certifié pour la navigation et la plongée. Il a traversé l'Atlantique à la voile et a obtenu son permis de plongeur à l'âge de 14 ans, en plein hiver, aux Escoumins.
«Je plonge en apnée depuis l'âge de cinq ans. Je peux descendre sans difficulté jusqu'à 25, 30 pieds de profondeur. C'est ce que je fais de mieux, je suis aussi à l'aise physiquement à ces profondeurs que je peux l'être sans oxygène en haute altitude.»
Et une chose est sûre, s'il arrive un imprévu, il saura se débrouiller. Il a développé très tôt ses talents de bricoleur pour pouvoir plonger... dans la piscine familiale, avant même d'avoir ses 10 ans.
«Avec mon frère, on avait fabriqué un scaphandre autonome avec une balayeuse Electrolux, branchée avec le tuyau de la piscine pour la sortie d'air. La pression d'air était juste bien équilibrée pour descendre à trois mètres. On pouvait rester là une bonne petite demi-heure...»
Le scaphandre est toujours chez lui, dans le sous-sol.