Depuis qu'il a 14 ans,  Gabriel Beaudoin, un passionné de jonglerie, passe ses étés comme amuseur public dans les rues de Québec.

Gabriel Beaudoin: en primeur dans le Vieux-Québec

Plusieurs citoyens et touristes ont déjà profité, sans même le savoir, d'une primeur sur le nouveau spectacle du Cirque du Soleil. Gabriel Beaudoin, un jeune jongleur de Québec, a servi l'été dernier à quelques reprises son numéro dans Kurios en face de l'hôtel de ville et près du Château Frontenac.
«Je ne sais pas si j'avais le droit de faire ça», confesse le jeune homme de 21 ans, un sourire espiègle dans la voix. Depuis qu'il a 14 ans, le passionné de jonglerie passe ses étés comme amuseur public dans les rues de Québec. L'été dernier, il a eu le temps de s'y adonner un mois seulement, et ce, tout juste après avoir signé son contrat avec le Cirque. «Quand l'ambiance dans la foule était bonne, il m'arrivait parfois de leur confier que je venais d'être engagé par le Cirque du Soleil et je leur faisais mon numéro...»
S'il est le plus jeune membre de la troupe de Kurios, Gabriel Beaudoin est loin d'en être à ses premières armes en tant que jongleur. Il a suivi des cours pendant cinq ans à l'École de cirque de Québec, avant de s'inscrire à l'École nationale de Cirque, à Montréal. Après quatre années d'études, il a obtenu son diplôme l'an dernier. C'est à son examen final que Michel Laprise, metteur en scène de Kurios, est venu le repêcher.
«J'ai fait un contrat pour le Cirque du Soleil quand j'avais 15 ans, pour le 400e anniversaire de Québec. Michel Laprise, qui était metteur en scène du spectacle, s'était intéressé au Turbo 418, dont je faisais partie, et nous avait demandé de faire un numéro de passing de quilles en groupe. On était huit jongleurs à se passer des quilles représentant des épis de maïs sur une musique folklorique québécoise. C'était vraiment trippant. Michel s'est souvenu de moi, le petit Gabriel de 15 ans, hyperactif, qui jonglait même dans les toilettes. Il est venu me voir à mon examen de l'École nationale de cirque. J'avais fait de la recherche avec mes quilles, j'avais trouvé une nouvelle façon de les apprêter, et il a trouvé ça vraiment intéressant. Tout de suite après l'entracte, il est venu me parler et m'a dit qu'il voulait travailler avec moi», raconte Gabriel Beaudoin.
Le hic, c'est que quand Michel Laprise a voulu l'engager, la troupe était déjà complète. Gabriel Beaudoin devient alors un numéro back up, «comme un deuxième gardien de but au hockey», image le jongleur. «Michel Laprise ne voulait pas me laisser dans cette situation, donc dès le départ, il m'a fait jongler un peu dans le spectacle. J'avais une minute avec mes quilles, et à la première représentation devant Guy Laliberté et les gens du Cirque du Soleil, ils ont remarqué ma jonglerie et décidé de me faire jongler un peu plus.»
Prendre du galon
De fil en aiguille, de répétition en répétition, son rôle prend du galon... Jusqu'à devenir le point central du numéro d'ouverture! «Ce fut assez glorieux pour moi de passer de numéro back up à un numéro d'artiste invité», raconte Gabriel Beaudoin, visiblement fier.
«Au début, je me mettais beaucoup de pression, mais avec le temps, je suis devenu assez confiant en ma technique. J'ai réussi à vraiment prendre plaisir à ce que je fais. De plus en plus, je me sens comme un poisson dans l'eau», raconte le jeune homme.
Le temps de l'arrêt du spectacle à Québec, Gabriel Beaudoin retournera vivre chez son père. «J'ai super hâte. J'ai vraiment envie d'aller voir les amuseurs publics en ville et parler avec eux, parce que c'est vraiment là que tout a commencé pour moi», lance celui pour qui ce contrat avec le Cirque du Soleil est un premier engagement en tant qu'artiste de cirque professionnel.