Le président de Frima Studio, Steve Couture, souligne avec fierté que toutes les grandes entreprises américaines du divertissement sont parmi les clients de sa compagnie, dont Disney et Warner.

Frima Studio: des jeux créés à Québec qui dépassent les frontières

Lauréat : Frima Studio... Occasion : l'entreprise a conclu une alliance avec Sony pour créer un jeu vidéo pour une nouvelle console
«Quoi, tu travailles dans l'industrie du jeu vidéo! Quand est-ce que tu vas avoir une vraie job?» Cette phrase, Steve Couture l'a entendue à plusieurs reprises il y a quelques années.
Son vrai boulot aujourd'hui est de présider Frima Studio, spécialisée dans la création de jeux interactifs multijoueurs au sein de laquelle travaillent 250 artistes et programmeurs. Le chiffre d'affaires de l'entreprise installée au centre-ville de Québec a connu une progression de presque 5000  % en près de cinq ans.
M. Couture souligne avec fierté que toutes les grandes entreprises américaines du divertissement sont parmi les clients de Frima, dont Disney et Warner. Autre bonne nouvelle, tout récemment, elle a conclu une alliance avec Sony pour créer un jeu vidéo mettant en vedette des zombies farfelus pour une toute nouvelle console que le géant japonais de l'électronique lancera sur le marché sous peu.
Une réussite de plus pour Frima, qui vole de succès en succès, et pour laquelle l'entreprise a été choisie lauréat de la semaine Le Soleil–Radio-Canada.
Frima est née dans Saint-Roch dans l'appartement très mal chauffé de Christian Daigle, l'un des fondateurs avec Philippe Bégin et Steve Couture. À la recherche d'un nom simple, qui peut se dire aussi bien en français qu'en anglais, les trois fondateurs à l'imagination débordante ont regardé le frimas qui se formait dans les fenêtres de l'appartement. Il a suffi d'enlever la dernière lettre, et le nom était trouvé. Frima était lancée en 2003.
Le logo de l'entreprise est une tête en forme de frigo avec la porte ouverte. «À travers notre folie de vouloir créer des jeux vidéo, on a toujours dit que l'on voulait garder la tête froide, tant au chapitre des affaires que de la créativité», de dire le jeune président.
«On voyait un courant qui se dessinait dans l'industrie du jeu vidéo», de dire M. Couture pour expliquer pourquoi la jeune entreprise s'est lancée dans les jeux massivement multijoueurs, pour des milliers de gens branchés sur Internet qui jouent ensemble et «socialisent».
Le succès du mariage entre la technologie et les arts, la synergie entre programmeurs et artistes permet de créer des jeux de calibre international, ajoute le président.
M. Couture raconte être parti avec «son anglais d'Old Orchard et une clé USB contenant un jeu» rencontrer les gens de Warner pour leur montrer la créativité des gens de son entreprise. Aujourd'hui, dit-il, il est impossible qu'un enfant américain soit allé sur Internet sans consommer un de nos produits.
Les géants américains créent des personnages et des films. Frima suit en créant des jeux dérivés des grandes productions, comme Harry Potter, Bob L'Éponge, Cars et Les petits pingouins, pour ne nommer que ceux-là.
De grandes ambitions
Les dirigeants de Frima nourrissent de grandes ambitions. Un plan d'expansion important est envisagé dans le domaine des effets spéciaux et de l'animation 3D dans l'espoir d'attirer de grandes productions hollywoodiennes ici, à Québec.
Le monde du divertissement électronique crée beaucoup d'emplois au Québec. M.  Couture croit qu'il est temps d'aller plus loin et de créer des propriétés intellectuelles dont les profits et les retombées vont être ici à Québec.
À titre d'exemple, imaginez que des Québécois créent des personnages comme les Simpson dont 20  ans plus tard on vend encore à travers le monde des produits dérivés, après avoir suivi pendant des années leurs péripéties tant sur le grand que le petit écran.
Le recours à des créateurs québécois par des grands producteurs américains ne s'explique pas uniquement par des coûts de production moins élevés ici, de dire M.  Couture. Les créateurs d'ici subissent à la fois l'influence européenne et l'influence américaine, de sorte que leur vision plus internationale leur permet de créer des produits plus exportables à travers le monde, analyse le président.
En 2008, Frima se classait au 10e  rang des compagnies canadiennes ayant connu la plus forte croissance en pourcentage des revenus au cours des cinq dernières années, avec un taux de croissance de 4870  %, selon le classement de Canadien Business. Continuer à figurer à ce palmarès est l'une des ambitions de M. Couture.