Frédérique Trudel, championne canadienne de cross-country en vélo de montagne, envisage une participation aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020.

Frédérique Trudel: petite cycliste, grande championne

À tout juste 20 ans, Frédérique Trudel est championne canadienne de cross-country en vélo de montagne pour la quatrième fois déjà. Tout cela du haut de ses 5 pieds et 100 livres. «J'ai choisi un sport où la grandeur ne change rien. Même que ça m'aide! Mon ratio poids-puissance est plus grand», lance l'ancienne nageuse.
Même son ex-entraîneuse de natation lui a dit qu'elle avait bien fait de changer de discipline. «Petite comme je suis, c'est sûr que je ne me serais pas rendue loin», constate celle qui a compétitionné durant huit ans dans la piscine.
Voilà qu'après neuf ans à rouler dans les sentiers, la résidente de Sainte-Hélène-de-Breakeyville, à Lévis, tutoie les gloires du vélo de montagne canadien Marie-Hélène Prémont, Alison Sydor, Geoff Kabush, Catharine Pendrel et Emily Batty.
Comme eux, Trudel est parvenue à porter le maillot de championne canadienne quatre années de suite, ses deux premiers titres étant acquis chez les moins de 19 ans (juniors), ses deux plus récents dans la catégorie des moins de 23 ans (espoirs).
Les cinq étoiles cumulent 12participations olympiques. Trudel n'est pas encore rendue là. Rio 2016, «je ne peux pas mettre ça sur ma liste d'objectifs», tempère-t-elle. Trop vite. Elle envisage plus Tokyo 2020.
La blondinette n'est pas encore une régulière des épreuves de la Coupe du monde. Son calendrier en compte quatre cette saison, toujours contre des rivales âgées de 19 à 22 ans, en plus des Championnats du monde, le 5 septembre, en Norvège. Point culminant de sa saison auquel elle accède directement grâce à son triomphe de la semaine dernière, en Ontario.
Rebâtir sa confiance
Après une deuxième médaille de bronze aux championnats panaméricains en deux ans, Trudel a connu un creux en début de campagne. «J'étais fatiguée de ma fin de session au cégep. Mes deux premières Coupes du monde [en Europe] ne se sont pas bien déroulées. Même après, je n'avais rien gagné avant d'arriver aux championnats canadiens.
«C'était la première fois que je n'étais pas dominante en début de saison», explique celle qui est «revenue à la base» en retournant sur le circuit de courses régionales pour la première fois en trois ans. Elle y a pédalé aux côtés de son père, lui qui l'avait initiée au vélo de montagne. Elle l'a battu.
Sa confiance n'était néanmoins pas au mieux en débarquant à Hardwood Hills. Mais «je savais que j'étais capable», insiste la championne des Jeux du Canada en 2013. Un départ lent et une chute au premier tour n'ont pas plombé sa volonté de défendre le maillot unifolié contre 15 adversaires.
Un retard de 37 secondes sur la meneuse après trois tours sur quatre l'a ensuite convaincue qu'une deuxième position suffirait pour aller aux Mondiaux. Mais l'écart s'est mis à fondre. Et sa conviction de pouvoir gagner à gonfler.
Dans les trois derniers des 24 kilomètres, Trudel a rattrapé l'Ontarienne Haley Smith et lui a collé 41 secondes dans le guidon. Une minute et huit secondes plus rapide que Smith dans le dernier demi-tour! Chaque boucle de six kilomètres se roulait en 20 minutes.
«Quand j'ai regoûté à l'espoir, plus rien ne pouvait m'arrêter. Je suis vraiment, vraiment allée vite, confirme la gagnante. Ma victoire de cette année a été la plus dure des quatre à aller chercher», ajoute-t-elle.
La voilà requinquée pour sa prochaine Coupe du monde, qui se tient à Québec, au Mont-Sainte-Anne, le 3 août. L'an dernier, elle avait fait septième, mais prévoit cette fois un peloton plus relevé. Une place parmi les 10 meilleures de moins de 23 ans ferait son bonheur.
«C'est tellement plaisant de faire une Coupe du monde à la maison. Ailleurs, à part les membres de ton équipe, personne ne t'encourage. Ici, la foule crie pour toi, c'est vraiment différent. Ça aide beaucoup», se réjouit-elle en avance.